lundi, janvier 19, 2026
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TFH au Gabon : vers une réduction d’électricité au compteur

Alors qu’elle doit entrer en vigueur dès janvier 2026, la TFH, taxe forfaitaire d’habitation, continue de faire des vagues au Gabon où elle est très mal perçue. Mieux, la variation de ses montants : 2,8 milliards au début, 23 milliards, puis finalement 17 milliards selon la version finale adoptée lundi 15 décembre par le Parlement. Cette taxe supplémentaire est vécue comme une asphyxie de plus pour les populations dans un contexte de précarité extrême.

Dès janvier, les Gabonais devraient encore payer plus cher l’électricité avec l’entrée en vigueur de la taxe forfaitaire sur l’habitation. Alors que le même ticket comporte déjà trois taxes : TVA, CSE, CSS, il faudra ajouter une quatrième, la TFH. Ce qui, contrairement aux assurances du gouvernement, va amoindrir davantage le nombre d’électricité au compteur des consommateurs.

Pour un compteur de 3 kw, un achat de 5 000 FCFA donnait jusqu’ici 39,3 kwh, soit une consommation déduite de toutes ces taxes de 4 355 FCFA. Avec la taxe forfaitaire d’habitation dont le montant minimum est de 1000, cette consommation pourrait baisser à 3355 FCFA d’électricité, et donc réduire le nombre d’unités autour de 30 ou 34 kwh pour un achat de 5000 FCFA. Ça n’a visiblement l’air de rien, mais à l’échelle de la consommation au compteur, cela représente un manque à gagner de plus de 5 kwh qui vont s’envoler avec la TFH dès l’année prochaine.

Une taxe de trop dans un contexte de précarité

Alors qu’elle ne devait, au départ, générer que 2,8 milliards de FCFA, la taxe TFH devrait permettre à l’Etat gabonais d’élargir son assiette fiscale avec plus de 23 milliards. Selon la version finale du texte adoptée lundi 15 décembre 2025, elle ne sera finalement que d’un peu plus de 17 milliards de FCFA. Une variation de montants qui traduit une certaine frilosité, mieux une précipitation du gouvernement dans la détermination des populations éligibles, leur nombre ainsi que l’échéance de paiement. Selon les explications du directeur général de la SEEG, société d’énergie et d’eau du Gabon, Steeve Saurel Legnongo, le parc actif recensé à ce jour est de 435000 compteurs d’électricité au Gabon, dont 60.000 sociaux. Ce qui représente environ 14% de la population épargnée. Or, dans le détail, la réalité est un peu plus complexe qu’elle n’y paraît dans un environnement dominé entre autres par le piratage d’électricité, le changement de statut des propriétaires des compteurs et autres supercheries. Comment alors s’assurer que les détenteurs des compteurs dits sociaux sont réellement ceux qui les possèdent? Ou que les détenteurs des compteurs au-dessus de 2 KW sont effectivement des personnes nanties, si entre-temps ils ont changé d’avis, en devenant soit retraités, soit en ayant perdu leurs emplois? Autant de questions qui préfigurent déjà le fiasco et l’arbitraire d’une taxe qui ne fera que précariser davantage un mode de vie absorbé des Gabonais déjà confrontés au chômage de masse, la flambée des denrées de première nécessité et de nombreuses autres taxes et autres redevances.

Leno Koleba

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