Les albinos notamment en Afrique subsaharienne sont menacés d’ extinction du fait des croyances irrationnelles d’ un autre âge. Les parties de leurs corps censées détenir des pouvoirs magiques, sont utilisées à des fins rituelles dans la confection des amulettes. D’où de nombreux cas d’ agressions et de corps mutilés que l’ on déplore dans certains pays de l’ Afrique subsaharienne.
Avec 71 meurtres et 161 agressions entre 2006 et 2016, la Tanzanie détient la palme d’or de ces pratiques barbares. Suivis de la République démocratique du Congo (38 cas de meurtres et d’ agressions); le Burundi avec 38 cas de meurtres et d’ agressions répertoriés. Faut ajouter à ce triste palmarès la Côte D’ivoire, près d’une trentaine de cas enregistrés.
Pour le cas du Gabon, ce phénomène a néanmoins disparu avec le temps notamment chez certains peuples du sud où l’ albinos était cannibalisé c’est à dire disséqué dont les parties du corps étaient distribuées comme outils liturgiques aux membres de la confrérie. Pour maquiller les crimes qui visaient la population d’ albinos, on a fait courir une légende selon laquelle, l’ homme albinos était un génie incarné, il ne mourait pas, il disparaissait un bon matin pour rejoindre le monde des génies et par conséquent, nul ne pouvait voir la tombe d’un albinos. Une superstition ayant traversé des siècles de croyances obscurantistes.
Des études anthropologiques menées en Afrique subsaharienne, montrent que les albinos sont victimes de stigmatisations, de discrimination, de marginalisation et de persécution. ils sont perçus comme des être ambivalents dotés de pouvoirs occultes. Accéder à l’ éducation et aux soins de santé relèvent d’une gageure.
Chez les peuples du nord du Gabon en revanche , l’ approche culturelle est tout autre. L’ albinos est considéré comme un porte-bonheur. Compter un albinos dans sa famille est un don de Dieu. Voilà pourquoi ils sont nombreux chez les peuples du nord. Au sud, de nos jours, on les compte du bout des doigts.
L’ albinos au Gabon a également servi à la préparation des match. Le gourou de l’ équipe dont je tais le nom, dans les années 80 où les championnats nationaux battaient leur plein, enterrait vivantes ses proies pendant que les joueurs étaient emmenés à passer la nuit à la belle étoile dans un cimetière partageant ainsi l’espace lugubre avec les sépultures dans un silence pesant. Une pratique bien connue des anciennes gloires du football gabonais.
Les personnes atteintes de cette maladie héréditaire manque de pigmentation, situation génétique due à des mutations des gènes responsables de la production de la mélanine. Elles ont toutes leurs facultés mentales. Nous enseigne la science. On y trouve des ingénieurs, des médecins, des hommes politiques, des artistes, des intellectuels….
L’ ONU et des ONG spécialisées dans la défense des droits de l’homme notamment SOS albinos sans frontières connue pour son travail visant l’ intégration sociale des albinos en Afrique subsaharienne, doivent travailler en synergie afin de protéger ces personnes vulnérables et menacées d’extinction.
Les pouvoirs publics doivent intensifier les campagnes de sensibilisation afin de briser ces légendes d’une stupidité absolue et qui couvrent des crimes crapuleux commis dans l’ ombre des traditions sataniques. Ils doivent, pour leur intégration sociale et pour tordre le cou aux stigmatisations dû à l’ ignorance, prendre en compte l’ existence de ces compatriotes vivant avec cette tare dans la répartition des postes de décision au sommet de la pyramide sociale.
Pascal Laurent





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