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Qui est derrière le maintien en détention de l’ ex premier ministre et opposant devenu Alain Claude Billie By Nze?

L’homme est poursuivi pour escroquerie et abus de confiance dont la prescription pour ces deux chefs d’ accusation, à la lumière du code pénal gabonais, est fixée à trois ans. Pour le cas Alain Claude Billie By Nze, dont l’affaire remonte à 2008, il y a lieu d’ interroger tout praticien du droit positif afin de nous éclairer sur cette affaire qui va au-delà du bon sens. Dix-huit ans après les faits à lui reprochés, l’ affaire refait surface comme par une conséquence extraordinaire pénale rétroactive qui déroute toute intelligence.

Escroquerie et abus de confiance

Des chefs d’ accusation, à vrai dire, cousus de fil blanc qui interrogent tout observateur sérieux.

La chambre d’accusation a rejeté toute requête émanant de la partie défenderesse pour sa libération sous caution.
Comme si, derrière ces chefs d’ inculpations, existe une main noire qui tire les ficelles. À croire un harcèlement politico-judiciaire. L’ affaire semble prendre un tournant politique vu l’ enlisement procédural qui laisse planer des soupçons de manipulation, d’ accointances entre l’exécutif et l’ appareil judiciaire.
Toutes les démarches entreprises par le conseil de l’ ex premier ministre relèvent du droit. Ne pas s’y conformer laisse à penser qu’on est face à une exception juridique qui doit faire école.

La justice? Laquelle?

Lorsque la justice se fourvoie et perd son indépendance acquise au nom de la séparation des pouvoirs tel que théorisée par Montesquieu, l’ un des philosophes des siècles des Lumières, il y a lieu de tirer la sonnette d’alarme avant que la République ne perde tout son sens.
À l’ allure où vont les choses, il est à craindre que l’ exécutif vampirise tous les autres pouvoirs. Ce qui pourrait ruiner ses fondements.
Depuis que les hommes en armes ont pris le pouvoir par coup d’ Etat le 30 août 2023, les libertés individuelles foutent le camp sous nos regards impuissants.


Des procès sommaires sont organisés contre des citoyens sans défense, une justice pour les pauvres et une pour les riches. La justice des riches est rendue à la seule condition de ne pas être du mauvais côté comme c’est le cas d’ Alain Claude Billie By Nze.
Imposer aux Gabonais le port de tenues traditionnelles tous les vendredis est non seulement idiot, mais relève d’une parfaite stupidité.
À l’ analyse, l’ étoilée en chef devenu président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, confond sans doute une caserne militaire dont les règles sont d’ une rigidité figée à une République encadrée par des lois inscrites dans la constitution, la mère des lois et soumises parfois à référendum.


Alain Claude Billie By Nze est placé en détention pour des griefs ridicules pendant que son frère consanguin et les Bongo Noureddine Valentin à l’ origine d’un détournement à grande échelle sont soit exfiltrés pour d’ autres cieux ou promus au poste d’ ambassadeur du Gabon en Inde, le cas de son frère cadet qui s’est même tapé le culot de faire une crémaillère afin d’arroser son parachutage à ce poste.

Ainsi naissent les dictatures

Le Gabon, comme on le voit, evolu à petit pas vers une dictature dont l’intensité macabre dépassera celle des Bongo.
Mobutu de l’ ex Zaïre, Idi Amin Dada d’ Ouganda, yassigbe Eyadema du Togo, Yoweri Musseveni d’ Ouganda, Théodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale, Paul Biya du Cameroun.., ont tous démarré leur carrière dictatoriale dans des conditions similaires dans lesquelles démarre Brice Clotaire Oligui Nguema, un dictateur en devenir qui, s’il n’ est pas freiné dans ses allures dirigistes, risque de se muer en dictateur durable comme son mentor Bongo père qui avait fait de ce pays sa propriété privée un peu comme l’ a fait Paul Biya au Cameroun.
Au Gabon, c’est le président de la République qui nomme le ministre de la justice, des magistrats du siège et du parquet sur proposition du conseil de la magistrature dont il est le chef suprême.


Un conseil supérieur de la magistrature qui est censé protéger contre l’arbitraire dans la gestion des carrières, son indépendance reste sujet à caution et l’ expose à la pression du pouvoir exécutif.
Comment s’étonner que la justice gabonaise soit accusée à tort ou à raison d’être à la solde de l’ exécutif?
Est ce que ce pays est sérieux?

Laure Patricia Manevy

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