lundi, février 2, 2026
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Le maquis intellectuel de Timothée Memey

Crise sociale au Gabon: l’ UDB se dégonfle

L’ étonnante indifférence affichée par l’union démocratique des bâtisseurs (UDB), face à la crise sociale qui ébranle le secteur de l’ éducation nationale et paralyse depuis des semaines la transmission des savoirs à nos jeunes apprenants du public, l’ élite de demain, questionne. Ce parti politique dont les grands axes de son manifeste idéologique sont  »la promotion de la refondation du pays » pour un nouveau Gabon,  »la responsabilité, l’ unité et le dialogue », ne fait pas la moindre sortie politique publique afin de calmer le jeu dans cette tension ayant radicalisé gouvernement et partenaires sociaux et qui a débouché sur l’ emprisonnement de deux leaders syndicaux, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo qui ont finalement été libérés sous la pression syndicale après avoir passé injustement des jours derrière les barreaux pour des chefs d’ accusation ridicules.


Comme s’ils s’étaient passé le mot, ni Mays Mouissi, le secrétaire général de cette formation politique, ni ses représentants provinciaux, n’ont appelé ni au  »dialogue ni à la responsabilité » pourtant dans la droite ligne des idéaux politiques de leur formation.


Le parti démocratique gabonais (PDG), du temps de sa gloire, n’aurait pas raté une telle occasion de communiquer pour un retour à la normale. L’ UDB qui prône pourtant la  »responsabilité » aurait dû faire preuve justement de responsabilité dans cette crise sociale en reconnaissant, sur la place publique, la légitimité des revendications syndicales à l’ origine de ce mouvement d’humeur lancé par les enseignants de l’ éducation nationale qui ne demandent simplement que ce qui leur est dû, et rien d’autre.


L’ UDB et son gouvernement ne peuvent pas laisser s’éterniser des dysfonctionnements administratifs hérités de l’ ancienne équipe surtout qu’il est désormais question d’ un nouveau Gabon qui place l’ urgence du bien-être social et la justice sociale au centre des priorités de sa philosophie politique de gouvernance.


Doit on encore, comme sous l’ordre ancien, parler d’ absence de volonté politique dans un pays dont les dirigeants ont fait le vœu du changement intégral?


Les mêmes forces d’ inertie, transfuges de l’ ancien pouvoir, seraient-elles toujours à la manœuvre et ce sont-elles qui feraient que rien ne bouge et demeure statique afin que le nouveau régime tombe sous la pression populaire ? La chute des régimes ont souvent eu pour détonateur les tensions sociales, les exemples sont légion. En Tunisie par exemple, le président Zine El Abidine Ben Ali est chassé du pouvoir en 2011 à la suite de l’ auto-immolation d’ un vendeur de tomates, Mohamed Bouasisi, excédé par les abus autoritaires des forces de l’ordre. l’ UDB devait le comprendre et le capitaliser.


L’ année dernière, pour une ordonnance d’un coût d’à peine 5000 FCFA, une enseignante de philosophie affectée sans salaire à Mimongo dans la province de la ngounie au sud du Gabon, avait trouvé la mort des suites d’un palu qu’elle ne pouvait traiter, faute d’ argent. Cela devrait pourtant interpeler les hauts cadres de l’ UDB au pouvoir et les amener à prendre la mesure de la situation des revendications des enseignants dont certains, décédés ( le cas de cette enseignante de philosophie) ou encore en vie, accusent des années d’ arriérés des salaires non payés.


Avec de tels dysfonctionnements qui se superposent dans l’ air du temps, va-t-on vraiment vers  »la dignité des Gabonais, la félicité et la restauration des institutions » tant scandées? Le doute est permis.


Il est temps que l’ UDB instruise son gouvernement, notamment son président de trouver des solutions aux problèmes dont l’urgence est d’une évidence cruelle.


En arrivant au pouvoir après avoir été plébiscitée à la majorité écrasante aussi bien à la présidentielle, aux législatives qu’aux locales, au nombre d’ actes prioritaires, ce parti aurait d’abord procédé à un inventaire généralisé de tous les problèmes structurels que connaît le pays, surtout que le Gabon sort d’ une longue période de banditisme généralisé, sur fond de pillages massifs l’ ayant mis en coupe réglée et où régnaient des seigneurs aux pouvoirs théocratiques.

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