AccueilÉducationJournée nationale de l'enseignant: Oligui Nguema face au corps enseignant

Journée nationale de l’enseignant: Oligui Nguema face au corps enseignant

Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu le corps enseignant ce 23 mars, jour anniversaire chargé d’émotions et d’histoire qui rappelle la mort de l’ enseignante Martine Oulabou tombée sous les balles d’ une répression policière sauvage et aveugle un 23 mars 1992. Rencontre à laquelle se mêlaient à ce banquet des échanges, des membres du gouvernement et des présidents d’institutions.
Cette journée fériée qui entendait valoriser la profession enseignante, était un cadre d’échanges entre partenaires aux rapports souvent conflictuels.


La problématique de la valorisation de l’ enseignant doit, au-dela des artifices démagogiques, interpeller les autorités compétentes qui doivent avoir le sens de la mesure. Car aucun développement n’ est possible sans le corps enseignant, creuset de tout savoir qui forge toutes les élites dans tous les secteurs d’activités confondus. Cette journée de reconnaissance du rôle combien important que joue ce secteur d’activité, est un signe évident que l’ enseignement était, ou est encore, jusqu’ ici, relégué au rang de facteur résiduel, donc non prioritaire. Cette noble profession d’ enseignant, au Gabon, ne jouit pas du prestige qui lui est dû.


C’est pourquoi les budgets alloués à ce secteur étaient de loin inférieurs à ceux alloués à d’autres secteurs identifiés comme prioritaires.
Vraiment triste quand on sait que dans certains pays, l’ éducation nationale gère de gros budgets plus importants que ceux alloués à d’autres secteurs. C’est le cas par exemple en France où le budget de l’ Éducation nationale est de loin supérieur à celui de l’ Elysée. En Corée du du sud, l’ enseignant est le mieux payé que n’ importe quel agent de l’ Etat.


Au Gabon, l’ enseignant est perçu comme un paria dont l’importance est encore contestée par certains.
Rien que lorsqu’il s’agit du paiement des vacations, une dette légitime, l’ Etat traîne les pas. L’ obtention des postes budgétaires est une gagueure. Certains enseignants nouvellement formés attendent des années avant de percevoir un presalaire hypothétique. Nombreux sont condamnés à vivre d’ expédients ou à la mendicité. Il pour que les lignes bougent, battre le pavé, est la seule voie royale. Et cela dure depuis des années que règnent les différents pouvoirs successifs. Il est clair qu’au Gabon, l’ enseignant est l’ enfant le plus mal vêtu.


Il fallait des luttes syndicales acharnées parfois au prix du sang ( Martine Oulabou) pour voir émerger des nouvelles écoles qui manquent cruellement. La formation des enseignants a connu une rupture brutale, d’ abord avec la fermeture des écoles de formation des instituteurs. Le collège d’enseignement normal(CEN) dont la plus emblématique ayant formé l’ élite d’ hier, est celle de mitzic dans la province du woleu-ntem sous le fallacieux prétexte que le Gabon comptait un trop plein d’ enseignants. Ce sont autant d’ exemples illustratifs du peu d’ intérêt accordé au secteur de l’ éducation par les pouvoirs publics. Le résultat fut fatal. Face à l’ échec de cette politique irresponsable ayant causé bien des dégâts dans les apports pédagogiques, on a dû, face à l’ urgence, trouver un palliatif : recruter des auxiliaires bénévoles formés sommairement. Le conseil départemental leur accordait un petit cachet d’ encouragement dont ils se contentaient.


Les différents Ministres qui se sont succédé au ministère de l’ éducation nationale, ont apporté des réformes stupides ayant reculé la qualité des contenus pédagogiques de plusieurs années en arrière.


Louis Gaston Mayila, alors à la tête de ce département, avait cru bon d’écarter  »la méthode syllabique » au profit de  »la méthode globale » qui, même en France, avait causé bien des dégâts. Le niveau des apprenants avait chuté considérablement. Derrière ce choix politique, se cachait  » une frappe » digne de  »faymans ».


Et aujourd’hui on en est à s’étonner du niveau de nos apprenants!


Ce sont les politiques avec la complicité tacite des inspecteurs pédagogiques qui ont cautionné la forfaiture, et ont tué l’ école gabonaise. Ne nous voilons pas la face.

Ghoze Lucifera

spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
ARTICLES CONNEXES
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img