Après une série d’articles traitant de la circulaire interdisant toute activités dans le littoral du 12 au 17 avril 2026, un de nos lecteurs qui a requis l’anonymat, nous envoie un droit de réponse que nous publions dans son intégralité.
» j’ai lu avec un intérêt particulier votre article qui interrogeait si l’État gabonais avait cédé une parcelle de ses pouvoirs régaliens aux traditionalistes.
J’avoue que, à la lecture, je salue le sens profond de cette réflexion qui met en évidence la difficile cohabitation entre l’État et notre héritage culturel légué par nos ancêtres.
Le Gabon, avant de devenir un Etat souverain à l’issue du tracée des frontières par les colonisateurs, était un magma de villages, de forêts, de rivières, fleuves et océan.
Dans votre article, vous soulignez à juste titre que malgré l’aliénation de nos cultures par les colons dans leur missions prétendument civilisatrices, le Gabonais reste attaché à sa culture.
Interdire toutes activités dans le littoral durant cette période, répond à une exigence séculaire et dont le rituel s’impose à tous à une certaine période.
L’Etat ne cède pas, ainsi que vous l’insinuez dans votre article, une parcelle de ses pouvoirs régaliens. Mais s’adapte simplement à une tradition séculaire, ferment de notre identité culturelle.
Il vous souviendra, dans les années 80, pendant cette période d’hommage aux génies des eaux, des jeunes enfants partis à la pêche, avaient disparu et dont les corps n’ont jamais été retrouvés jusqu’à nos jours. Donc cette interdiction, bien que constituant une entorse à l’économie, j’en conviens, trouve sa justification dans ce précédent qui jusqu’ ici demeure un mystère.
Les travaux du prélat Raponda Walker sont riches d’enseignements sur l’historicité des traditions Gabonaises même si ceux-ci étaient vus sous le prisme idéologique clérical. Les forêts interdites et bourrées de mystères ; les fleuves berceaux des génies, sont autant de réalités qui témoignent de la complexité de notre culture à ne pas sacrifier sur l’hôtel d’une civilisation venue d’ailleurs.
L’État doit intégrer notre patrimoine culturel dans son fonctionnement régalien.
Vous avez été inélégants, dans votre article, de banaliser cette note circulaire au point de la ranger dans les »curiosités en plein 21e siècle »
Ce n’est pas une nouveauté en Afrique, à sakete, une ville du Bénin, lorsqu’ il est célébré le culte du horro, la ville est fermée et les nons initiés mis en quarantaine.
Lorsque, au Ghana, les obsèques du Roi Ashanti sont organisées, la ville est morte. Plus une âme dehors. Tout transgresseur est condamné à disparaitre miraculeusement. C’est une réalité qui existe partout dans le monde.
Un citoyen Gabonais





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