AccueilSociétéAlain Claude Bilie-By-Nze : détention préventive maintenue par la chambre d’accusation

Alain Claude Bilie-By-Nze : détention préventive maintenue par la chambre d’accusation

Déjà six mois que l’ancien Premier ministre est derrière les barreaux et que son conseil peine à obtenir sa libération provisoire sous caution. Malgré de multiples recours déposés sur le bureau du juge d’instruction pour sa libération provisoire, la chambre d’accusation, qui tient mordicus à maintenir la privation de liberté, brandit le manque de garanties suffisantes pour ne pas accéder à cette demande de mise en liberté provisoire.

C’est à croire que l’ancien Premier ministre n’est pas gabonais, que sa femme ne vit pas au Gabon, qu’il ne dispose d’aucune famille au Gabon et qu’il n’a pas non plus de résidence dans ce pays, qu’il peut donc quitter à tout moment. Une affaire « ubuesque », comme le qualifie si bien son conseil, qui peine à accéder à ce dossier qui a tout d’une arlésienne.

L’autre argument avancé pour justifier son maintien en détention, c’est qu’une fois libéré provisoirement, Alain Claude Bilie-By-Nze risque d’influencer la plaignante et les témoins et de fausser ainsi la bonne tenue de l’instruction. Or, la plaignante et les témoins demeurent, jusqu’à ce jour, des mystères insondables. Il ne reste plus qu’à solliciter les exploits d’un oracle afin que l’on soit fixé : s’ils n’ont pas élu domicile sur la planète Vénus…

L’affaire ACBBN, qui, sans doute, fera école, dépasse largement le cadre de la doctrine juridique. Il faut peut-être être un savant pour en saisir les motivations juridiques sur lesquelles se fonde le prolongement de sa détention préventive.

À l’analyse, l’affaire ACBBN entraîne quelques observations : comment comprendre qu’Alain Claude Bilie-By-Nze, poursuivi pour des faits supposés d’« escroquerie et d’abus de confiance » qui remontent à près d’une vingtaine d’années, donc nettement au-delà de la prescription telle que prévue par la loi, n’ait jamais comparu devant un juge d’instruction pour être entendu sur les griefs qui lui sont reprochés ? L’affaire navigue sans fin entre différentes chambres d’accusation sans que l’on note une évolution de l’instruction. C’est à croire que tout est fait pour que l’instruction piétine. Un procès politique ? C’est tout comme… Nous assistons à un procès politique, ce qui suppose donc un recul démocratique dont nous sommes tous complices.

Il est temps que le clerc sorte de son mutisme pour une réédition de « J’accuse… ! » du romancier français Émile Zola. Le capitaine Dreyfus avait été condamné à tort par des forces complotistes dont la descendance garde le triste souvenir.

Théaime

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