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Bientôt une prison hi-tech à nkol-tang oui et quand en sera-t-il des vielles pratiques?

66 ans après son  »indépendance » supposée, le Gabon embitionne finalement de construire une nouvelle prison aux normes internationales loin de ce qui ressemble à un enclos pour pièces détachées ou pour des têtes de bovins appelé, gros bouquet qui fait office de prison. Un lieu insalubre où sortir vivant est un exploit surréaliste.


Le site retenu est Plaine Ayemé, dans le deuxième arrondissement de Ntoum sur la N1 à 40 Km de Libreville. L’ ouvrage sera construit sur 12 hectares.
Sa capacité d’ accueil est estimée à 1108 pensionnaires.
Le nouvel établissement carcéral ultra-moderne comptera 8 blocs d’ hébergement à étages où seront logés les pensionnaires, femmes, mineurs, prévenus et condamnés.


Au-delà des cellules, l’ ouvrage comptera aussi une structure sanitaire complète, des ateliers de formation professionnelle, des aires de jeux, des bibliothèques, espace de prière, bâtiments administratifs, logements d’ astreinte
pour 200 agents d’ astreinte.


Coût de l’ ouvrage : 45 milliards de FCFA ( 120 m€).
C’est la société adjudicataire, le promoteur swiss invest qui pre-financera l’ établissement pénitencier.
Le délai de livraison est fixé à 36 mois par le maître d’ œuvre karlinblok et Milos, un cabinet tchèque spécialisé dans la construction de prisons haute sécurité en Europe.


Swiss invest le promoteur qui propose d’assurer le financement intégral de l’ ouvrage, a passé avec l’ Etat gabonais une clause de remboursement qui va s’étaler sur 10 ans, soit 6%, environ 5,9 milliards.
les charges liées au fonctionnement annuel peuvent plafonner à près de deux milliards de FCFA. Ce qui revient à plus de 7 milliards environ, que le trésor public est tenu de casquer par an.


Le Gabon est souvent prompte à engager des investisseurs dans ce genre de projets très coûteux sur fond de préfinancement, mais qui, malheureusement, peine à honorer ses engagements sous des prétextes fallacieux. Le cas de Santuro, un homme d’ affaires italien qui a préfinancé de nombreux projets structurants, mais qui, à la fin, s’ est fait floué . Ses ayants-droit poursuivent d’ ailleurs le Gabon devant les juridictions internationales.
Espérons que cette prison hi-tech en

gestation ne sera pas une arlésienne à l’ instar du grand marché de Libreville ( G. M. L) de la pyerie qui avait comme maître d’ œuvre Webcor un groupe swiss qui entendait financer sur fonds propres entre 2010 et 2012 au terme d’ un contrat cadre passé avec la mairie de Libreville sous Jean François Ntoutoum Eman.
L’ affaire est soumise à l’ arbitrage judiciaire international.


La prochaine maison d’ arrêt moderne sonnera-t-elle le glas des pratiques qui ecornent les droits de l’homme? Cette question s’impose car il ne suffit pas de nous tambouriner sur tous les toits la construction de cette prison sans fustiger des pratiques qui heurtent la morale. Le prisonnier au Gabon est considéré par le maton comme un rébus social dépouillé de tous ses droits. Il est nourri telle un animal domestique qui se contente au quotidien, comme menu, d’ une aile de poulet et un pain si ce n’est une boîte de sardines. Assez révoltant tout de même lorsqu’ on sait que le Ministère de la justice, dans la loi des finances 2026 a défendu la bagatelle de 78, 6 milliards de FCFA dont 32,39 milliards destinés à la sécurité pénitenciere.

Laure Patricia Manevy

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