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Libreville : développement autocentré

Ce dimanche 15 mars au carrefour Jeanneau pk8 dans le troisième arrondissement de Libreville, les riverains sont à pied d’œuvre pour l’enrobage à l’aide du béton d’une bretelle d’accès aux différentes habitations. Pour le terrassement, comme outils de travail, des burins, massues, pioches et pelles, sont mis à contribution. D’aucuns s’attèlent à tourner le béton avec des méthodes archaïques.

Tous les ouvriers, comme dopés par une ferme volonté de mener l’ouvrage aussi vite que possible à son terme, déploient une énergie étonnante. Pour tourner, le chantier a besoin d’eau. Pour contourner la pénurie de cette matière précieuse qui fait défaut dans tout le grand Libreville, des transporteurs, bidons et sceaux aux mains, investissent les rares fontaines publiques encore en service sinon achètent de l’eau dans les lavages Auto.


Cela nous rappelle nos routes construites sous la coloniale par nos ancêtres et cela sous la contrainte et au prix du sacrifice. Sauf que, contrairement à nos ancêtres, les ouvriers du carrefour Jeanneau en font un devoir citoyen.


Pendant que certains sont concentrés à l’ouvrage, d’ autres, en toute indifférence, sont plutôt attirés par le divertissement sur un espace qui sert d’ air de jeux. Un acte d’ incivisme que certains passants n’ ont pas manqué de déplorer.


L’initiative, les riverains la doivent à Franck Lebouya qui, très déterminé, avait mené pendant des années, un travail de sensibilisation auprès de ses voisins qui, pour certains, ont été réceptifs et ont mis la main à la poche pour l’aboutissement de ce projet fort louable.

D’autres ont préféré trouver des prétextes fallacieux afin de se soustraire des cotisants. Le cas de Judicaël, instituteur de son état et qui dispose pourtant d’un pâté de maisons à usage locatif. L’individu estime qu’il ne peut adhérer à l’ initiative parce que, selon sa logique, n’habitant pas les lieux. Une piètre échappatoire que d’aucuns qualifient d’ irresponsable.


Dans ces quartiers sous-intégrés où les pouvoirs municipaux sont peu regardants, les initiatives de ce genre en valent la chandelle.
Au Cameroun qui a une très grande expérience dans ce genre d’ initiatives et où les habitants investissent dans des secteurs où les pouvoirs publics traînent les pas, cela s’appelle « le développement autocentré' » qui favorise non seulement le désenclavement des quartiers dits « difficiles », mais également la construction des écoles afin d’ accompagner l’action publique.

Elisia Reclus

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