lundi, janvier 19, 2026
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LBM, DÉPART DANS L’AU- DELÀ D’UNE ICÔNE !

Il s’était écarté des radars, Louis- Barthélémy Mapangou, qui signait « LBM » sur nombre de ses documents administratifs. L’homme qui vient de quitter le monde des vivants alors qu’il était octogénaire a inspiré des générations par sa rigueur, son talent, son professionnalisme, mais aussi par la controverse qu’il donnait à une vie partagée entre sobriété naturelle et « mondanités » à peine perceptibles.

En effet, cet homme de principes surprenait souvent, lorsque lors d’une cérémonie organisée, soit à son domicile, soit au sein d’Africa I, soit dans un restaurant ou encore ailleurs, il vous invitait partager avec lui du bon vin, alors qu’il ne s’affichait que très rarement publiquement et sélectionnait méticuleusement ses interlocuteurs ou ceux a qui il décidait de tenir compagnie. Certains qui n’y voyaient que du mépris ne s’interrogeaient pas, à la manière des psychologues, sur la nature de l’homme, pour tenter de comprendre qu’est-ce qui le conduisait agir fondamentalement de la sorte. Peut- être se mettront- ils après coup à épiloguer sur cette attitude que d’aucuns interprètent comme une indifférence vis- à- vis du prochain, voire de la société.

Ecce homo !

Né au Congo d’un père commerçant très influent, et aîné d’une grande famille, Louis- Barthélémy Mapangou s’intéresse au Journalisme dès ses années- lycée. On lui découvre des talents et le trouve apte à animer le journal télévisé, tâche qu’il accomplit avec brio, élégance et assurance, concomitamment avec ses études jusqu’à ce qu’il les termine et est admis en stage en Europe d’où il reviendra avec d’autres ambitions. Pas surprenant s’il figure sur la liste des premiers Directeurs généraux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) où il a laissé une empreinte indélébile en tant que pionnier dans la présentation du journal télévisé : tout lui allait : silhouette captivante, look soigné, discours envoûtant, timbre vocal impressionnant, méthode appliquée, tout était réuni.

Frappant dans l’oeil d’Omar Bongo Ondimba, ancien président de la République gabonaise, Louis- Barthélémy Mapangou va se voir inviter à rejoindre le cercle gouvernemental dans son domaine de prédilection « l’Information ». Il deviendra donc Délégué ministériel auprès de Zacharie Myboto à qui le chef d’État gabonais confiera le projet de création de la Radio panafricaine devenue africaine « Africa I ». Il sera, après des études de sondage menées par l’Institut « Marcomer Gallup international » à l’origine de la création d’Africa I/Paris qui sera suivie de celle de la Société de Radiodiffusion de Côte- d’Ivoire (SORACI). Il est reconnu comme l’homme qui a voulu adapter les offres éditoriales à la vocation de la radio, les adaptant à sa nature en tentant de toucher toute l’Afrique, y compris anglophone dans le but de tirer le maximum de bénéfices. Beaucoup se souviennent de ces éditions, quoique brèves, en Langue anglaise pour servir d’alerte. S’il fallait évoquer tous les hauts faits d’armes d’LBM, on y passerait des jours entiers. Il faut simplement aussi se rappeler ces semaines de communion auxquelles il invitait à Libreville l’ensemble des correspondants de la radio pour non seulement leur faire partager son idéal, mais aussi les entendre sur leurs difficultés quotidiennes et échanger avec leurs confrères de la maison mère. Quelle idée géniale ! Sans compter les différents concours d’excellence organisés dans le cadre de sa vision d’une Afrique qui gagne. Une longue histoire.

Une nouvelle aventure

À l’origine s’étaient multipliées des missions en France et des réceptions de hautes personnalités françaises du régime Giscard d’Estaing au Gabon parmi lesquelles Xavier Gouyou Beauchamps. Les secrets de l’avènement de cet outil de communication pressenti pour devenir la première expérience de radio commerciale en Afrique par la location des émetteurs et la publicité, il faut comprendre qu’avec M. Myboto, LBM les partageait. Pas étonnant s’il va être promu quelques années après le lancement de « la Radio africaine faite pour les Africains par les Africains » au poste de Président du Conseil d’Administration (PCA) en remplacement de Luc Mvoula, poste qu’il occupera jusqu’en 2008, année où la crise qui se dessinait depuis le départ de la France du capital (40%) contre 35% pour le Gabon, a conduit les autorités gabonaises se tourner vers la Libye de Mouammar Kadhafi qui accepta après moult tractations menées avec une maestria diplomatique par celui qui vient de nous quitter, mardi 9 décembre 2025, auprès du Guide de la Jamariya libyenne, d’entrer au capital à hauteur de 52%, le Gabon conservant ses 35%. Ainsi, Louis- Barthélémy Mapangou devint- il le premier Administrateur Directeur Général (ADG) avant d’être remplacé par le Libyen El- Bashir Abubaker El- Anber, encore aujourd’hui en poste.

Jérémie- Gustave Nzamba

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