lundi, février 23, 2026
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AccueilChroniques de MémeyLe maquis intellectuel de Timothée Memey

Le maquis intellectuel de Timothée Memey

Auguste Moussirou Mouyama claque la porte de ce merdier terrestre

S’il est des morts que l’ on pourrait qualifier de juste, surtout celles des dictateurs durables lesquels sont un boulet pour la bonne marche du monde et de la civilisation progressiste consciente, celle d’ Auguste Moussirou Mouyama alias forêt, est injuste. Les juridictions spirituelles se seraient-elles trompées dans leur interprétation du droit canonique pour rappeler injustement Auguste aussi prématurément à Dieu et cela sans appel ? Le monde universitaire attendait encore beaucoup de lui. Son savoir-faire professionnel ayant forgé le mental et le sens des responsabilités de pas mal d’étudiants devenus des enseignants aujourd’hui, va cruellement nous manquer.


Personne n’ aurait imaginé que ce linguiste qui a formé de nombreuses générations d’ étudiants abrégerait, aussi brutalement, son aventure académique en si bon chemin. Le professeur Moussirou Mouyama incarnait la rigueur, le dévouement et le sacrifice de soi dans un couloir professionnel qu’il avait érigé en sacerdoce. Avec Pierre Monsard un autre linguiste, lui aussi disparu il y a quelques années, Auguste faisait partie des jeunes enseignants quelques peu iconoclastes ayant ébranlé les codes sociaux imposés par des conformistes pour la plupart leurs pairs aînés agacés par leur tempérament et qui voyaient en eux de jeunes idéalistes incarnant la rupture avec l’ ordre ancien, bref, un conflit générationnel latent était né.


D’ une sympathie déroutante, humble, courtois, discours vif, sourire aux lèvres capable de contagion, Auguste Moussirou Mouyama était un homme qui cultivait une forme de continuum de vie. Un homme sans histoire.


Je me souviens, il y a plus d’ une vingtaine d’années non loin du rectorat de l’ Université de Libreville, après avoir lu un de ses pamphlets publié dans la presse locale, je lui lançais une boutade pour le moins provocatrice :  »eh Auguste, tu veux pas être Ministre, c’est quoi ce coup de gueule que j’ ai lu dans la presse ? Laisse-nous faire ce sale boulot, on te veut Ministre pourquoi pas de l’ enseignement supérieur! » Il sourit avec émerveillement avec l’ air de me dire que toi Timothée, tu n’ as rien compris de l’ esprit libre que je suis. Je n’ attends rien de ce pouvoir bête et méchant, j’ ai choisi mon couloir ; j’ y suis, je sème ma zone.


C’était la dernière fois que je voyais Auguste physiquement jusqu’à ce que j’ apprenne aujourd’hui, comme si c’était dans un rêve cauchemardesque, cette terrible disparition. Celle d’un grand homme qui aura beaucoup donné de lui.


La nation et le monde scientifique reconnaîtront… bon voyage Auguste j’ espère que nous nous reverrons un jour de l’ autre côté du voile!

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