Port obligatoire de la tenue traditionnelle tous les vendredis
La mesure gouvernementale qui tombe comme un cheveu sur la soupe, s’applique uniquement aux agents du secteur public exceptés les agents des forces de l’ ordre et de défense, précise le communiqué.
Dans l’imaginaire de ceux qui ont maladroitement inspiré pareille incongruité, la tenue traditionnelle est constituée de pagnes dits africains, paradoxalement fabriqués en Occident notamment en Hollande . Qu’est-ce que ce pagne a d’ africain, au fait ? Un dédale de symboles imprimés sur le wax, le super wax, le fancy, le bazin, le kente, le kinta et »mon mari est capable », des variétés de pagnes qui, en Afrique et dans les partis politiques et autres associations communautaires, genre tontines, deviennent des identifiants identitaires ou communautaires.
On voit au Gabon, lors des mariages coutumiers, des deuils, des tontines, des fêtes mondaines, où on se pare de ce pagne dit africain. Une culture venue d’ ailleurs et recyclée par les Gabonais.
C’est là tout le sens de l’ idiotie parfaite qu’aucun prétexte ne saurait justifier.
Parler de tenue traditionnelle au Gabon renvoie à nos sources culturelles. Nos ancêtres bantu avaient comme tenue traditionnelle, des caches sexes ou des parures faites à base de rafia pour le cas de l’ Afrique centrale et australe, le coton pour les pays d’ Afrique de l’ ouest.
Doit-on retourner aux sources culturelles c’est à dire porter le pagne en raphia ou un cache sexe ?
De nos jours, du fait du dérèglement climatique, porter une tenue en raphia est presque inimaginable. Les bouffés de chaleur sont un frein à une telle perspective. Quant aux caches sexes, la décence et la pudeur ne peuvent s’accommoder d’un environnement ayant subi une transformation culturelle héritée des colons.
Nombreux s’interrogent quant à l’ opportunité d’ une telle mesure qui relève d’un dirigisme propre aux corps habillés soumis à une discipline rigide qui fait penser aux monarchies Arabes.
Ça apporte quoi en terme de plus-value? Quel problème cette mesure vient-elle régler ?
Au Burkina Faso, le président Ibrahim Traoré a pris des mesures importantes. Il est désormais interdit cette esthétique synthétique faite de cheveux postiches. Mesure salutaire, car il est question de replacer la femme africaine dans son esthétique originelle et la valoriser face aux nouveaux canons esthétiques inconnus de nos traditions ancestrales.
Au Gabon, les priorités sont ailleurs et non dans des mesures contre-productives qui rament à contre-courant des libertés individuelles.
Suis-je obligé de porter le pagne » popo » tous les vendredis au nom de quel principe sacro- saint si ce n’est pour satisfaire les fantasmes d’ un individu fût-il président de la République?
Quant au cache sexes, le retour d’une telle tenue salace de nos jours risque d’ écorcher la décence et la pudeur dans une société africaine moderne soumise à une doctrine puritaine connue pour ses principes moraux rigides.





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