Au Gabon, une session de formation à la conduite d’engins lourds, portée par Eco Service Gabon en partenariat avec le ministère des Transports, ouvre de nouvelles perspectives professionnelles aux jeunes — y compris aux femmes, dans un secteur historiquement masculin.
Dans un pays où le chômage des jeunes reste une préoccupation majeure, le permis G fait figure de passeport vers l’emploi. Lancée par l’entreprise Eco Service Gabon avec l’appui du ministère des Transports, la formation en cours combine apprentissage technique rigoureux et encadrement institutionnel. Elle s’adresse à des jeunes Gabonais désireux de se qualifier dans la conduite d’engins lourds, un secteur qui peine à recruter des profils formés.
Sur le terrain, la présence des agents du ministère témoigne de l’engagement de l’État. Luther Minla, représentant du ministère des Transports, rappelle le sens de la démarche : « Nous sommes là pour superviser cette formation, qui va sûrement aider ces jeunes Gabonais demain à trouver de l’emploi. Le président de la République demande à la jeunesse de se former. » L’employabilité des jeunes s’affirme ainsi comme une orientation politique assumée.
Du côté du secteur privé, l’ambition est clairement posée. Azaphe Salomon Ndzoundomu, directeur général d’Eco Service Gabon, fixe un cap ambitieux : former 1 500 jeunes Gabonais d’ici 2030. Au-delà des chiffres, il s’agit de revaloriser des métiers techniques longtemps boudés, tout en répondant à une pénurie réelle de conducteurs qualifiés dans le secteur des transports.
Pour les bénéficiaires, cette formation représente bien plus qu’une simple certification. Matthieu Meyo Sima, venu d’Oyem pour suivre le programme, y voit un premier pas vers l’indépendance financière. « Pourquoi pas nous ? Pour y arriver, il faut se former », dit-il avec conviction. Une philosophie partagée par nombre de ses camarades.
L’une des singularités de cette session réside dans la participation féminine. Dans un domaine où les femmes demeurent largement minoritaires, certaines ont franchi le pas malgré les réticences de leur entourage. Nancy Eyang en est l’exemple incarné : « Au début, ce n’était pas facile, mais je suis passionnée. » Elle appelle désormais d’autres femmes à emprunter cette voie, contribuant à faire évoluer les représentations autour des métiers techniques.
À travers le permis G, autorités et opérateurs privés entendent répondre à un double défi : résorber le chômage des jeunes et renforcer les capacités du secteur des transports. Un levier modeste, mais concret, au service d’un développement économique plus inclusif.





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