Les accidents de la route sur la nationale 1 se multiplient à un rythme fou. À croire une malédiction luciférienne. Sinon, comment comprendre que chaque jour ou presque on enregistre des sinistres qui s’enchaînent à un rythme effréné, avec à la clé des morts d’hommes dont la récurrence macabre tend à les banaliser.
Faute de statistiques fiables de la part de la direction générale de la sécurité routière sur le taux d’accidents de la route, il n’est pas évident de dresser un bilan exhaustif de ces sinistres occasionnés par l’inconscience des usagers de la route, à laquelle s’ajoute l’état de la route, exiguë, en perpétuel rafistolage avec des points de déviations et de contournements vieux de plusieurs années, et cela depuis le régime des Bongo.
Le week-end dernier aura été dramatique. Deux accidents : d’abord au PK 80, une embardée entre un camion et un pick-up double cabine blanche de type Toyota Hilux L200, et le deuxième, non loin de Ntoum sur la nationale 1, où deux remorqueurs se sont télescopés, causant des pertes en vies humaines.
Rouler sur la nationale 1 relève du suicide programmé. Routes pas du tout aux normes en matière de sécurité routière. Pas d’éclairage. La route serpente un relief presque hostile, fait d’une multitude de rivières rendant compliquée toute construction et entraînant des coûts prohibitifs hors budget qui faussent les montages financiers.
Si bien que tous les adjudicataires engagés sur ce vaste chantier mordent la poussière et préfèrent jeter l’éponge.
Pour ceux qui suivent ce dossier aux contours flous depuis le régime des Bongo, où les faymans de l’Agence nationale des grands travaux (l’ANGT) infusaient la presse gabonaise d’une surdose d’enfumage, ce tronçon routier est toujours sur cale.
Les agents de la direction générale de la sécurité routière se contentent d’arnaquer, en tout incivisme, les usagers de la route.
Il se susurre que le premier adjudicataire ayant décroché le marché aurait fondu dans la nature avec les fonds alloués. D’où la complexité de l’équation de cette route longue d’une quarantaine de kilomètres.
Qu’attend notre gendarme-général-président pour faire arrêter ces indélicats et les mettre hors d’état de nuire, lui qui s’érige désormais en justicier, lui le chantre de « la tolérance zéro » ?
Les usagers sont en droit de traîner l’État gabonais devant le Conseil d’État pour manquements graves aux devoirs de ses charges régaliennes.
Peut-être que le général-président attend un autre drame, genre celui de Massika qui, le 24 août 2003, avait fait près d’une vingtaine de morts dont un journaliste, Joseph Mboundoumboundou, et sa famille, à une vingtaine de kilomètres de Lambaréné. Un drame national qui avait ébranlé toute la nation gabonaise, contraignant ainsi les pouvoirs publics à mettre du bitume sur une route poussiéreuse, autre raison du drame.
Gustave Irapula





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