AccueilsocialLa guerre de l'eau s'enlise davantage dans le grand Libreville

La guerre de l’eau s’enlise davantage dans le grand Libreville

Une marée humaine armée de bidons et tassée autour d’un point d’eau de fortune dans tout Libreville attend, stoïque. Spectacle désolant : une marée humaine armée de bidons et tassée autour d’un point d’eau de fortune dans tout Libreville attend, stoïque. À croire des adeptes d’une confrérie où le silence est d’or.
Dans tous les quartiers du grand Libreville, le spectacle, ahurissant, est le même, qui heurte le confort moral et soulève des interrogations légitimes.


Le Gabon n’est jamais tombé aussi bas, même sous le régime des Bongo. Mais comment alors expliquer qu’on en soit arrivé là, dans l’abîme des dysfonctionnements qu’aucune logique ne peut expliquer ?


Il est vrai que les coupures d’eau et d’électricité étaient récurrentes, mais sous la 5e République, les conséquences de ce désastre sont catastrophiques : les marchands de cubitainers, de surpresseurs, de forages, face à une demande de plus en plus croissante, font dans la surenchère, selon un principe économique bien connu : la forte demande d’un produit en pénurie ou en rupture entraîne automatiquement la hausse du prix d’achat.


Comme alternative à ce désagrément, les pouvoirs publics ont trouvé comme solution la desserte d’eau par les forces de défense et de sécurité équipées de citernes.


Le général-président Brice Clotaire Oligui Nguema a gaillardement suggéré que la SEEG installe ses stations de pompage au Komo, à Kango. Mais ce que notre général-président oublie, c’est que l’eau de Kango est une eau saumâtre, donc pas du tout consommable si elle n’est pas soumise à traitement, car l’eau de Kango est salée, d’où la nécessité de la dessaler si l’on veut la mettre au service des consommateurs. Une telle perspective entraînerait des coûts prohibitifs.


À moins que le Gabon ne fasse un sacrifice pour arroser tout Libreville d’eau.
Si le généralissime président Brice Clotaire Oligui Nguema en est à plomber l’argent du contribuable dans des blocs de béton que l’on voit fleurir partout comme des champignons, pourquoi ne pas investir dans ce qui devient une priorité vitale nationale ?
Qu’on n’oublie pas : « l’eau est source de vie ».

Geneviève Tillue

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