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Fête de la culture ou fête de la gastronomie gabonaise sur fond d’alcoolisation massive ?

Il n’y avait rien de culturel issu du terroir d’une quarantaine d’ethnies que compte le Gabon. Le public a eu droit à un étalage de mets. C’est comme si la Fête des cultures se résumait à s’empiffrer d’alcool et de bouffe, loin de l’esprit initial ayant inspiré en 1997 le père fondateur de cette fête, Paul Mba Abessole, alors maire de Libreville. À la Fête des cultures, on se perdait dans un dédale de stands qui, tous, proposaient de la bouffe et de l’alcool.

Le public, venu en masse pour découvrir les rites et traditions du Gabon, est reparti déçu de n’avoir pas vécu en grandeur nature ce que les 9 provinces du Gabon pouvaient proposer comme vivier culturel.

En plus de l’alcool et de la bouffe, de nombreux stands sur leurs présentoirs offraient une gamme de produits cosmétiques made in Gabon. Sans doute que leurs promoteurs ont saisi là l’occasion de cette vitrine pour promouvoir et écouler leurs produits.

La palme d’or dans cette approche marketing revenait à la brasserie Sobraga, de l’énigmatique Monsieur Castel, patron de plusieurs brasseries en Afrique subsaharienne. Sobraga a quasiment installé, juste derrière le mur mitoyen de l’école Martine Oulabou, un maquis à ciel ouvert où ses produits s’écoulaient à flot. La libation était à son comble face à une clientèle captive.

Autre palme d’or doit être décernée à l’allée baptisée « Les Délices du Gabon », qui a concentré toute une faune humaine venue goûter aux mets du terroir. Dans cette faune, on comptait également des Occidentaux friands de gastronomie exotique.

Se frayer un chemin était la croix et la bannière. Sur l’allée qui débouche au quartier Cocotier, c’était le rush ; on croirait la procession d’une colonie de fourmis.

L’école Martine Oulabou a été le site réservé au Sénégal, invité de marque de cette quinzième édition de la Fête des cultures. Là aussi, la déception aura été totale. On attendait du Sénégal toute une myriade d’offres culturelles. Ce fut pathétique : juste quelques combats de lutteurs présentés au public, qui attendait mieux.

À l’observation, cette Fête des cultures a tout d’une improvisation. C’est comme si rien n’avait été bouclé à l’avance, avec un montage financier en bonne et due forme.

Des indiscrétions ayant filtré dans les milieux artistiques évoquent un problème de budget, incapable de supporter les coûts d’un tel événement. D’où cette offre minimaliste proposée au public.

Malgré tout, la fête aura réussi à brasser grand monde dans une capitale telle que Libreville, où l’on s’ennuie faute de lieux de distraction dans la plupart des arrondissements.

Laure Patricia Manevy

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