L’homme qui a été noirci par Albert-Bernard Bongo, qui avait du mal à contenir son complexe d’imposture, mérite un mausolée. C’est l’occasion de réhabiliter sa mémoire écornée par un système politique bête et méchant.
Paul Marie Yembi a été effacé de l’histoire du Gabon pendant des décennies du règne des Bongo. Pas une trace dans les deux tomes du Mémorial du Gabon. Les deux ouvrages parlent de toutes les figures historiques ayant marqué la vie politique du Gabon, sauf une qui manquait à l’appel : Paul Marie Yembi.
C’est le premier vice-président de la République sous le président Léon Mba.
L’homme a été présenté comme un bouffon. Ce que les Gabonais retiennent de lui, ce sont des clichés réducteurs visant à le ridiculiser à la face du monde.
Fait curieux, et bam ! : un documentaire passé en boucle à la veille du soixante-sixième anniversaire de la fête de l’indépendance sur Gabon Télévision, concernant les grandes figures ayant marqué l’histoire du Gabon, tous secteurs confondus, a finalement permis de découvrir le portrait de celui qui avait lancé un S.O.S. en direction de Paris lorsque le président Léon Mba fut déposé par les militaires avant d’être remis en selle au prix d’un bain de sang par les légionnaires français.
Paul Marie Yembi mérite un mémorial, voire un mausolée, pour sa mémoire. L’histoire du Gabon ne peut s’écrire en occultant l’existence d’un homme, d’un compatriote qui, sa vie durant, a essuyé les pires frustrations du régime Bongo.
Gustave Irapula





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