Ce 1er octobre 2026, le Gabon célèbre la « Journée du retraité ». L’initiative prête à sourire chez certains qui n’en maîtrisent pas la symbolique ni la portée sociale.
Dans un pays où le retraité souffre d’a priori réducteurs, célébrer cette journée est non seulement une reconnaissance des services rendus à la nation, mais traduit également une manière d’honorer le retraité, toujours prompt à servir la nation, puisque ses facultés mentales et professionnelles, du fait de l’âge, ne sombrent pas dans une sorte de déchéance psychique.
Pour le citoyen lambda, faire valoir ses droits à la retraite relève d’une fatalité qui condamne la mise à la retraite au crépuscule de sa vie : c’est la fin d’un cycle d’exercice professionnel. Les retraités apparaissent alors tels des has-been, voire des gens atteints de ménopause professionnelle et intellectuelle.
Au-delà des stéréotypes, les retraités ont une expertise indéniable. L’âge ne peut constituer un handicap à la maîtrise d’un savoir-faire forgé des années durant. Bien au contraire, il traduit la maîtrise d’une expérience accumulée tout au long d’une vie professionnelle.
Dans cette société en perpétuelle mutation, où l’expérience est un atout à valoriser, le retraité doit être considéré comme un vin qui s’est bonifié avec l’âge : c’est une boussole, un repère, un encadreur, un coach pour les nouvelles pépinières sans expérience, qui doivent apprendre aux côtés des aînés.
C’est pourquoi, dans tous les pays du monde, on ne range pas les retraités au placard comme c’est le cas au Gabon. Un pays qui a tant besoin d’une main-d’œuvre qualifiée pour son développement et qui, face à ce déficit, est tributaire d’une main-d’œuvre d’importation. C’est là tout le paradoxe !
Hormis quelques exceptions où l’on voit des personnes mises à la retraite continuer d’exercer, la tendance est celle où elles sont mises au rebut telles des quantités jetables.
Si le retraité dispose de toutes ses facultés, pourquoi le mettre en quarantaine du fait de son âge ?
De par cette journée, c’est peut-être l’occasion de mûrir une réflexion sur la manière de tirer profit et de capitaliser l’expertise de ces hommes et femmes mis à la retraite.
Les pouvoirs publics doivent s’y atteler.
L’autre problème posé par les retraités, c’est également la revalorisation des pensions, aujourd’hui très dérisoires pour joindre les deux bouts.
Ghoze Lucifera





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