La Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale serre la vis. Les assurés détenteurs d’une carte de Gabonais économiquement faible (GEF) mais qui ont désormais un emploi dans le public ou le privé ont 15 jours pour régulariser leur situation. Faute de quoi, leurs droits seront suspendus.
C’est une opération coup de poing. Dans un communiqué publié ce 22 septembre 2026, la Direction générale de la CNAMGS somme « ses assurés détenteurs d’une carte ou d’un récépissé du Fonds gabonais économiquement faible (GEF) et ayant trouvé un emploi dans la fonction publique ou le secteur privé à bien vouloir se présenter dans l’une de ses délégations provinciales et unités départementales ».
Le message est clair : vous étiez GEF, vous aviez la gratuité à 100 % des soins. Vous avez été recruté entre-temps, en CDI, en CDD ou même comme fonctionnaire stagiaire : vous n’êtes plus éligible. Vous devez basculer vers le régime des salariés, financé par les cotisations patronales et salariales.
Un ultimatum jusqu’au 7 octobre
Le délai est court et non négociable : 15 jours à compter de la parution du communiqué, soit jusqu’au 7 octobre 2026. « Passé ce délai, ces derniers se verront suspendus de leur droit aux prestations couvertes par la Caisse », prévient la CNAMGS. La suspension sera effective dans les hôpitaux, les centres de santé et les pharmacies partenaires.
Pour identifier les fraudeurs, la Caisse va croiser ses fichiers avec ceux de la Fonction publique pour les agents de l’État et avec ceux de la CNSS pour les salariés du privé.
120 000 dossiers irréguliers dans le viseur
Cette chasse aux indélicats intervient quelques jours après les révélations fracassantes de la Cour des comptes. Sur près d’un million de personnes inscrites au fichier GEF, dont 900 000 effectivement prises en charge, les auditeurs ont identifié près de 120 000 inscriptions considérées comme indues.
Le premier président de la Cour, Alex Euv Moutsiangou, a parlé de « faux Gabonais économiquement faibles ». Même si la Cour précise que ce chiffre ne signifie pas automatiquement qu’il y a fraude, il révèle des personnes dont la situation a évolué sans que le fichier ne soit mis à jour.
L’enjeu est colossal. Le Fonds GEF est alimenté par la Contribution spéciale de solidarité prélevée sur la téléphonie mobile et les transferts d’argent. Pour 2026, il représente 50,54 milliards de FCFA contre 40,94 milliards en 2025.
Protéger les vrais vulnérables
Pour la CNAMGS, l’objectif est double : assainir le fichier et réaliser des économies. « Le fonds réservé aux ménages vulnérables ne doit plus financer des assurés déjà protégés par leur statut professionnel. […] Cette situation priverait d’autres Gabonais d’une protection pourtant essentielle ».
Autrement dit, chaque salarié qui continue à utiliser le ticket modérateur des GEF vole, de fait, la place d’une mère sans revenu, d’une personne âgée sans pension ou d’un handicapé sans soutien.
La Caisse appelle donc à la responsabilité et à la solidarité : régulariser sa situation, c’est permettre au système de continuer à protéger ceux qui n’ont vraiment rien.





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