Libreville a accueilli les 8 et 9 avril la 10e édition de l’Africa Energy Marketplace, organisée par le ministère de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie avec la Banque africaine de développement. L’objectif : consulter les parties prenantes sur le Pacte énergétique national et mobiliser les financements nécessaires pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.
Un pacte pour sortir de l’urgence
Délestages, infrastructures vieillissantes, déficit de transport — le tableau dressé lors de cette rencontre est sans ambiguïté. Le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a tenu à recadrer le diagnostic : les coupures récurrentes dans le Grand Libreville ne sont pas accidentelles, mais liées à des travaux programmés sur des réseaux obsolètes, notamment sur l’axe Owendo-Bisségué. Des chantiers de modernisation sont annoncés.
C’est dans ce contexte que le Pacte énergétique national prend tout son sens. Présenté par le ministre de l’Intérieur Adrien Nguema Mba comme une feuille de route à l’horizon 2030, il vise à structurer un système énergétique durable en fédérant État, investisseurs privés et bailleurs de fonds. « Transformer les intentions en engagements concrets et en financements structurants » : la formule résume l’enjeu de ces deux jours de consultations.
Un hub régional en perspective
Au-delà de l’urgence domestique, l’ambition affichée est plus large. Sergio Portatadino, responsable énergie Afrique au Tony Blair Institute, a souligné le potentiel considérable du pays : hydroélectricité, gaz, solaire. Avec une meilleure planification et une réduction des risques pour les investisseurs, le Gabon pourrait, à moyen terme, exporter de l’électricité dans la sous-région et s’imposer comme un hub énergétique en Afrique centrale. Une perspective encore conditionnelle, mais qui donne à ce Pacte une portée qui dépasse largement les frontières nationales





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