Hier 24 janvier, telle une illusion fatale, un officier supérieur est apparu outrageusement sur le petit écran de la chaîne nationale pour nous livrer gaillardement un communiqué dignement pondu par sa hiérarchie, le commandement en chef de la gendarmerie nationale, lequel fustigeait le racket dont se rendent coupables au quotidien, les corps habillés.
Ce communiqué, d’une parfaite stupidité, sonnait comme une injure magistrale dans l’ entendement des usagers de la route qui vivent ces pratiques au quotidien sans que nul ne s’en émeuve
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Le communiqué rappelait les principes d’éthique et de déontologie imposables à tout corps habillé investi du pouvoir public, et que s’il y a un corrompu, c’est qu’il y a un corrupteur. Il n’ y a pas de raison de se laisser arnaquer alors qu’on est en règle, ajoutait le communiqué allant même, avec un cynisme énervant, jusqu’à nous rappeler les numéros de téléphone mis à la disposition de tout usager qui serait face à un agent véreux, sinon exiger en cas de nécessité une quittance du trésor public si infraction il y a.
Le commandement en chef est semble-t-il déconnecté de la réalité, il doit vivre sur la Lune voire sur la planète Vénus pour nous pondre pareilles inepties.
Que le commandant en chef se mette en civil au volant d’un taxi pour qu’il prenne la mesure de l’ ampleur du phénomène qui devient une métastase ayant gangrené tout le tissu social.
Ce n’est pas tant que de nombreux automobilistes ne soient pas en règle. En règle ou pas, l’ agent vous exigera de saluer le képi du chef une pratique courante connue de tous. Si vous opposez une quelconque résistance, vous êtes sûre de passer des heures entières à le supplier jusqu’à ce que le bon sens l’ amène à la raison et vous lâche les Basques et vous remette vos papiers de véhicules et votre permis de conduire.
De nombreux agents se mettent, pour échapper aux regards inquisiteurs, en embuscade sur les voies secondaires et dans des angles morts afin d’ arraisonner en toute quiétude toutes les proies qui passent par là.
Il y a quelques années, était imposé aux agents déployés sur le terrain, que soient arborés leurs matricules et leurs noms sur leurs poitrines afin que les usagers les identifient en cas de soucis. Et les fameux quittanciers du trésor public que l’ on croit en possession des forces de l’ordre, n’ existent que de nom. Exiger cette quittance, aux yeux des forces de l’ordre, est perçu comme un affront voire un outrage à agent.
Le commandement en chef, pour l’ efficacité de sa mise en garde en direction des agents indélicats, doit, au-delà du simple communiqué sans effet immédiat et qui a tout l’ air d’ un déjà entendu, imposer des règles strictes sans le respect desquelles tout transgresseur est exposé à une radiation sans autre forme de procès.
Où est passée, au fait, la police des polices censée traquer les brebis galeuses qui ternissent l’ image des forces de l’ordre? Il est temps de réactiver cette unité pour un travail de routine de terrain.
Geneviève tillue





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