La Préfecture de Police du Grand Libreville a frappé fort hier, lundi 19 octobre 2026, à 4h du matin, au rond-point du PK12, sur la Nationale 1. Enfin. Après des mois de calvaire pour des milliers d’automobilistes, la chaussée a été dégagée. Le Général Juste Fernande Mbele en personne sur le terrain, c’est un signal fort. Mais la vraie question commence maintenant : sans solution de fond avec la Mairie de Ntoum et le chantier du Flyover, ce dégagement tiendra-t-il jusqu’à la fin de la semaine ?
LE COUP DE POING
Il fallait se lever tôt. Très tôt. Lundi, 4 heures du matin, alors que Libreville dormait encore, le Préfet de Police du Grand Libreville, le Général de Brigade Juste Fernande Mbele, a mené en personne l’opération coup de poing au PK12 avec les éléments du Commissariat de Ntoum.
Objectif : reprendre ce qui appartient à la route. Et le constat sur place donnait raison à l’opération : des commerces qui grignotent deux mètres de chaussée, des trottoirs transformés en étals, des piétons jetés sur la voie rapide, et au milieu de tout ça, le ballet incessant des bennes du chantier du Flyover. Au final, des policiers débordés dans la régulation. « On va encore faire comment ? », s’est-on résigné. Puis…
Le résultat a été immédiat. Les usagers qui empruntent le corridor PK12 – Ntoum – PK0 tous les matins ont vu la différence. Ça respire. Ça circule. Il était temps.
MAIS APRÈS LE COUP DE BALAI, QUOI ?
Point d’interrogation, pour reprendre un influenceur sur les réseaux sociaux. Voilà que l’enthousiasme retombe. Les habitués du week-end dans les environs de Nkoltang, Okolassi, Ayémé, Nkok… pour ne citer que ceux-là, en savent quelque chose. Ce n’est pas la première fois qu’on dégage le PK12.
Tous les usagers connaissent la chanson : la police dégage le lundi, les étals reviennent le mercredi. Faute de suivi, faute d’alternative proposée aux commerçants.
Le Général Mbele, fille d’un célébrissime Général de la Sécurité Mobile sous le monopartisme, l’a dit avec une honnêteté qui mérite d’être soulignée : « l’organisation des marchés relève de la Mairie ». Traduction : la police peut dégager la voie, elle ne peut pas organiser le marché. Et c’est tout le nœud du problème. Inutile d’aller à l’ENA, juste à côté, pour comprendre.
On place la Mairie devant ses responsabilités. Où doivent aller ces commerçants ? Quel marché aménagé ? Quelle organisation ? Sans réponse de l’Hôtel de Ville de Ntoum, on ne fait que déplacer le problème. Il ne suffit pas seulement de prélever des taxes.
Pas besoin d’un dessin. Le chantier du Flyover est prioritaire parmi les priorités. On ne peut pas demander la fluidité à 7h30 quand 30, 40 camions de latérite font la queue pour entrer sur le chantier à la même heure. La promesse de « mieux encadrer les entrées et sorties des engins aux heures de pointe » doit devenir un protocole écrit, affiché et sanctionné. Pas une simple discussion.
Le corridor PK0 – PK12 symbolise la porte d’entrée Nord de Libreville. Ici, la sécurité n’a pas de prix.
LE VRAI BAROMÈTRE
Alors, l’opération de 4h du matin est un signal politique fort. Elle montre qu’on peut se lever tôt pour les Gabonais. Mais le vrai baromètre, ce ne sera pas ces premiers jours de la semaine. Ce sera lundi prochain. Et celui d’après, encore après, jusqu’à la fin de la construction du Flyover.
Tiendra-t-on sans présence policière permanente ? La Mairie prendra-t-elle ses responsabilités avec un marché tampon ? Les responsables du Flyover accepteront-ils d’arrêter leurs rotations pendant les pics (6h30-8h30/16h30-19h) ?
Si la réponse est non, alors cette belle opération ne restera qu’un coup d’éclat. Le PK12 n’a pas besoin d’un coup de poing. Même s’il était temps. On veut savoir pour combien de temps ? De toute évidence, cette zone a besoin de gouvernance.
Silver-Eddy Etomba – SUD-VERSION





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