lundi, janvier 19, 2026
spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
AccueilÉDITORIALDégraissons le mammouth !

Dégraissons le mammouth !

Pour élargir son assiette fiscale, le Gabon impose dès janvier 2026, une taxe foncière dite d’habitation. Il surfe sur une vague de recettes annuelles additionnelles qui plafonneraient à 2.8 milliards(M) de FCFA. 

Mais la pilule a du mal à passer au sein des populations qui y voient une taxe de trop. La grogne est palpable.

La collecte de cette taxe forfaitaire est confiée à la SEEG qui a déjà mauvaise presse au sein de ses clients qui jugent catastrophiques ses services en matière de fourniture d’eau et d’électricité.

Cette taxe obligatoire va s’ajouter à la cargaison de taxes déjà apposables et collectées par la même SEEG sur toutes les factures de ses clients. Cette contribution obligatoire va donc s’ajouter à la  contribution spéciale appliquée sur l’électricité et l’eau, la taxe spéciale de solidarité, celle portant sur l’éclairage public sans oublier la TVA qui est de 10% sur chaque facturation.

Pour justifier l’introduction de cette taxe forfaitaire d’habitation, le Gabon argue ses lourdes dépenses publiques et ses engagements au service de la dette que ses recettes budgétaires peinent à supporter.

Il y a quelques années, des économistes, et pas des moindres, parmi lesquels l’éminent Professeur Albert Ondo Ossa, tiraient déjà la sonnette d’alarme pour attirer notre attention sur les dangers qui nous guettent. Et si rien n’est fait pour rectifier le tir, nous courrons le risque de foncer droit au mur. Il fallait donc, selon les prescriptions des experts, procéder à des coupes budgétaires drastiques.

Le budget initial 2026 en dépenses et en recettes  était arrêté à 7.233,3 M révisé à la baisse, soit 6.3358, 2 M, contre 4.204,9 M de la loi des finances 2024. Les recettes plafonnent à 4.153,9 milliards et les dépenses à 3.694, 9 M financées à plus de 60% par des fonds extérieurs issus du service de la dette. 

Avec ce nouveau budget adopté par le Parlement,le gouvernement, selon les données prévisionnelles publiées sur son portail internet, table sur une croissance économique de l’ordre de 6,5%.  

Mais de nombreux analystes macro-économiques émettent de sérieuses réserves sur la sincérité des informations mises à la disposition du public. Même s’il est vrai que le Gabon disposerait, comme il est dit sur le net, du meilleur PIB par habitant dans la sous-région, le doute est permis. 

Assiste-t-on vraiment à une augmentation durable de la production des biens et services pour qu’on nous parle de croissance économique? Nombreux se questionnent.

La boulimie financière de l’Etat entrainant une tension de trésorerie avec des effets dominos sur la consommation des ménages et la création des richesses, et qui met à mal la croissance économique, est souvent mise à l’index.

Au nombre des effets funestes de cette tension de trésorerie, ainsi qu’on le voit, les grandes surfaces commerciales, confrontées au marasme économique, réduisent leur taille ou ferment simplement certaines succursales. Le cas du  groupe CKGADIS est éloquent. 

Ces grandes surfaces se vident progressivement de leur clientèle qui, elles, préfère comme alternative de survie, migrer vers le marché noir, cette principale mamelle de l’économie sous-terraine qui propose des meilleures offres d’achats. Les fourchettes tarifaires épousent l’air du temps. Un argument marketing de taille qui séduit grand monde surtout en cette période de crise financière sur fond de pression inflationniste dont les ménages payent un lourd tribut.

Certes, il n’y a pas péril en la demeure, on peut encore remonter la pente. Mais des mesures d’austérité, voire impopulaires doivent être envisagées si nous voulons sortir de la merde dans laquelle on patauge depuis ces dernières décennies. Voici pourquoi les experts préconisent comme thérapie, l’assainissement des finances publiques qui passe par une réduction drastique  du train de vie de l’Etat. Une recommandation d’ailleurs encouragée par les institutions financières internationales telles que le FMI et la Banque mondiale.

Il importe aussi, au nombre de  mesures à mettre au point pour ériger des garde-fous, de  renfoncer les missions de contrôle de la Cour des comptes. Ses missions de certification des comptes publics,un champ de compétence assez vaste qui nécessite un nombre important de juges financiers mais qui, malheureusement, sont en nombre insuffisant à côté des missions qui sont les leurs.

Intensifier la lutte contre la corruption, la gabegie, la gestion hasardeuse des finances publiques, mettre en place des systèmes rigoureux de contrôle de conformité dans tous les services publics ; dégraisser une administration jugée visqueuse ; orienter les dépenses publiques vers des  secteurs prioritaires et stratégiques, la lutte contre la fuite des capitaux, réduire l’équipe gouvernementale très pléthorique pour un pays d’à peine deux millions d’habitants environ, s’imposent si nous voulons sortir de l’impasse.

spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
ARTICLES CONNEXES
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img
- Advertisement -spot_imgspot_imgspot_imgspot_img