À Port-Gentil, l’ONG Aurore a tenu sa fête annuelle. Une célébration conviviale, certes, mais surtout un moment utilisé pour faire passer un message fort : protéger les enfants face aux enlèvements et aux crimes dits rituels, un sujet qui continue d’inquiéter de nombreuses familles au Gabon.
Dirigée par Ida Flore Maroundou, l’ONG est connue pour son travail sur plusieurs fronts : lutte contre les violences basées sur le genre, accompagnement juridique et social des femmes victimes, défense des droits humains, et protection de l’enfance. Créée en 2020, Aurore mène régulièrement des actions de prévention à Port-Gentil et à Libreville : campagnes de sensibilisation, tables rondes, programmes éducatifs et espaces d’écoute pour les familles.
Cette année, à l’occasion de la 6ᵉ édition de l’initiative « Un sourire pour Noël », l’organisation a choisi de mettre en avant une réalité jugée préoccupante : les kidnappings et les crimes dits rituels. Dans un climat marqué par des rumeurs, des disparitions qui alimentent l’angoisse, et des faits qui choquent l’opinion, l’ONG a voulu profiter de la période de Noël pour interpeller les consciences et rappeler une consigne simple : la vigilance doit être collective, et la sécurité des enfants doit rester une priorité.
Devant un public attentif, Ida Flore Maroundou a lancé un appel direct aux familles et aux plus jeunes :
elle recommande aux enfants de ne suivre personne s’ils ne se sentent pas en sécurité — même si la personne est connue — et de crier ou alerter en cas de danger. Pour elle, ces actes, difficiles à mesurer car souvent clandestins, ont des conséquences lourdes : ils détruisent des familles et fragilisent toute une communauté. Elle invite également les citoyens à ne pas banaliser les rumeurs ou les comportements suspects, et à parler lorsqu’il y a un doute.
L’ONG indique avoir accueilli plus de 150 enfants lors de l’événement et remercie le couple présidentiel pour la confiance accordée. Elle a aussi adressé un message clair aux parents : éviter d’envoyer les enfants seuls, surtout à certaines heures, même pour une course simple dans le quartier.
Au-delà des discours, la rencontre a aussi proposé des ateliers et des échanges autour de l’éducation civique, des droits de l’enfant et des moyens de signaler une situation inquiétante aux autorités compétentes. Parents, jeunes et leaders communautaires ont été encouragés à renforcer la solidarité et la prévention.
La fête s’est achevée sur une note mêlant espoir et détermination. Pour l’ONG Aurore, la lutte contre ces violences passe d’abord par l’éducation, la prévention, et l’engagement de tous, afin de faire reculer la peur et protéger ce que la société a de plus précieux : ses enfants.





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