AccueilÉducationSale temps pour le syndicalisme au Gabon

Sale temps pour le syndicalisme au Gabon

Deux leaders syndicaux ont été mis aux arrêts dont Marcel Libama, pour  »trouble à l’ordre public et entrave à l’ accès à un lieu de travail ».
Il a été interpellé le lundi 19 janvier à l’ aéroport international Léon Mba, au moment où il s’apprêtait à embarquer sur un vol en partance pour Port- Gentil.

Pour le second, Simon Ndong Edzo, on ignore encore tout du lieu de son arrestation ainsi que les chefs d’ accusation.
La grève lancée depuis début janvier dans le secteur de l’ éducation nationale, intervient après celle qui paralyse l’ enseignement professionnel où les enseignants, en vain, exigent le paiement de leurs vacations avant toute reprise des cours.
Les pouvoirs publics sont face à un front social capable de contagion.


Dans le secteur de la santé, comme celui du pétrole, une tornade revendicative se fait déjà entendre. D’ ici là qu’on debouche sur une pluie des revendications, il n’ y a que l’ épaisseur d’un poil. La fièvre sociale risque de s’étendre comme une traînée de poudre. À ce qu’il semble, tous les secteurs publics sont touchés par les mêmes dysfonctionnements à l’ origine de cette grogne revendicative généralisée ou presque.


Dans le secteur de l’ éducation nationale, la rhétorique revendicative a évolué. Ce n’est plus tant la construction des écoles pour laquelle Martine Oulabou avait payé de sa vie lors d’une répression policière sauvage. Aujourd’hui, il est question de régularisation des situations administratives, d’ incorporation à la fonction publique des enseignants nouvellement formés ainsi que les bénévoles qui jusqu’ici ont fait preuve de sacerdoce des années durant. Les leaders syndicaux exigent d’ autres interlocuteurs crédibles et non des brasseurs d’ air qui font plus dans la démagogie qui, depuis ces dernières décennies, s’efforcent de noyer le poisson.


Jeter les leaders syndicaux en prison, n’ est pas la solution qui fera baisser la fièvre sociale, bien au contraire, une telle approche ne fera que conduire à une radicalisation du mouvement.


Surtout ne pas commettre les erreurs du passé qui, pour briser la dynamique revendicative, on procédait à la mise des agents de l’ Etat sur bons de caisse.


Une mesure maladroite sensée mettre les agents grévistes dans un conditionnement psychologique en vue d’une reprise effective du travail, mais la parade s’était soldée par un flop. Nombreux allaient au travail sans travailler, et ce sont les pouvoirs publics qui passaient pour les dindons de la farce.


Le Gabon qui a signé des traités internationaux pour la liberté de l’ expression syndicale, doit respecter ses engagements, c’est à dire le droit à la grève, sinon le bureau international du travail (Bit) risque de se saisir de ce dossier et placer le Gabon au box des pays où les libertés syndicales sont un kleenex bon pour s’essuyer les fesses.

Ghoze Lucifera

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