mardi, février 3, 2026
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Gabon : Éducation, le gouvernement et le spectre d’une année blanche

Entamée depuis mi-décembre 2025, la grève des enseignants se radicalise. Et cela, malgré l’arrestation des syndicalistes ou encore les menaces de pointage des enseignants et même de suspension de salaires brandies par le gouvernement. Alors que les grévistes ont décidé à une large majorité, de reconduire leur mouvement samedi 31 janvier 2026, lors d’une assemblée générale, le spectre d’une année blanche inquiète de plus en plus la ministre de l’éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq qui dévoilait le même jour, nuitamment, un calendrier scolaire aménagé. Mais cela suffira-t-il à écarter la menace?

Pour rattraper le temps perdu, un mois et demi environ, le nouveau calendrier validé par l’UNESCO, organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture, prévoit entre autres des séances de rattrapage, des cours accélérés pour, explique-t-on, “sauver l’année blanche”. Selon les termes de l’UNESCO, une année scolaire normale compte entre 30 et 32 semaines. Le seuil critique est compris entre 26 et 29 semaines. Or, même si elle ne s’est radicalisée qu’à partir du 2 janvier, la grève des enseignants entamée mi-décembre 2025 a déjà perdu, dans l’absolu, quatre bonnes semaines. Les quatre semaines retranchées du volume de 32, on tombe à 28 semaines. Plus grave, dans l’hypothèse de 30 semaines pour une année scolaire normale, on tombe à 26. Concrètement, dans l’un comme dans l’autre cas, le Gabon est désormais dans la phase critique. Ce qui signifie que si les cours n’ont pas repris d’ici deux semaines, ce qu’on craint risque de se produire.

Voilà le spectre qui donne des insomnies à la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, dont les enseignants veulent manifestement la tête. Mais au-delà de Ntoutoume Leclercq, c’est tout le pouvoir qui cauchemarde. Car une année blanche enverrait un message politique d’échec flagrant qui éclabousserait au premier chef, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République et Chef du gouvernement. Et ce message d’échec serait tellement retentissant à l’entame de sa cinquième République si chère qu’il donnerait le sentiment d’une mauvaise préfiguration pour la suite du régime.

D’où l’activisme et le branle-bas du gouvernement qui s’est lancé dans une communication à-tout-va, à l’endroit de l’opinion pour tenter de montrer sous un meilleur jour possible, les concessions ou les engagements pris par l’Etat et peut-être tenter de discréditer les enseignants jusqu’au boutistes. Parmi ces engagements : la régularisation des situations administratives, le recrutement et la mise en solde des enseignants bénévoles, l’octroi des postes budgétaires, pour ne citer que ceux-là. Des engagements jugés insignifiants par le mouvement SOS EDUCATION LA BASE au regard de l’ampleur des revendications pour un total de 21000 dossiers. Mieux, les enseignants attendent de voir se concrétiser ces mesures pour éviter d’être floués à nouveau. Or, toutes ces mesures ne pourront commencer à être mises en œuvre qu’à partir de la fin de ce mois de février. Sauf qu’avec le compte à rebours déjà enclenché, si les cours ne reprennent pas d’ici à cette échéance, l’année scolaire tant redoutée pourrait sans doute être déclarée au Gabon. Scénario inimaginable et cauchemardesque pour les parties, mais de plus en plus redouté à mesure que la crise perdure.

Leno Koleba

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