A quoi sert de monter des blocs de béton à la baie des Rois, à la cité de la démocratie et un peu partout aux fins de moderniser la ville de Libreville en ignorant les fondamentaux que sont les besoins de base: accéder aux soins de santé de qualité, se nourrir à sa faim, se loger dignement et retrouver un peu d’humanité confisquée par le régime cruel des Bongo?
Les investissements structurants en cours, certes, salués par les Gabonais hormis quelques adeptes de la critique non constructive qui n’y voient pas d’intérêt faute d’urgence qui, à leurs yeux, passe par la satisfaction des besoins primaires. Ces investissements financés par emprunts obligataires par le marché financier de la sous région d’Afrique centrale et les banques commerciales et d’autres institutions financières internationales, derrière ces investissements pharaoniques se cache un nombrilisme combiné à une opération de séduction propre à tout dirigeants ayant des ambitions totalitaristes. Le maître d’ouvrage apparaît comme un monarque doté de pouvoirs
théocratiques qui fait comme bon lui semble ignorant royalement les jérémiades du peuple au service de qui il est sensé être.
L’hôpital de Ntoum est une belle illustration des dérives pouvoiristes de l’actuel régime. Cette structure sanitaire située à une quarantaine de kilomètres de Libreville et qui compte environ 7 généralistes nouvellement affectés en ces lieux manque de tout. Aucun plateau technique, à peine un laboratoire qui ne peut faire un bilan sanguin complet; un service minimaliste en petite chirurgie suffit à faire fonctionner la structure, pas de spécialistes hormis un gynécologue qui est hyper sollicité par les futures mamans qui viennent non seulement de la commune de Ntoum mais également des villages environnants.
Lorsque cette structure hospitalière est face à un cas grave, faute d’ urgentistes ou d’anesthésistes-réanimateurs, l’accidenté est conduit à l’hôpital des instructions des armées le plus proche, celui du PK 9 avec le risque de lâcher en chemin. C’est le cas d’ un des deux accidentés européens de moto, il y a quelques jours, sur l’axe coco beach à moins d’ une centaine de kilomètres de la commune de Ntoum. Conduits à l’hôpital, l’hôpital de Ntoum n’ a fait que leur administrer les premiers soins. L’un des accidentés a finalement succombé à ses blessures en chemin lors de leur évacuation vers l’ hôpital des instructions des armées.
Il est connu de tous que la route Pk 12-Ntoum est célèbre pour des cas d’accidents mortels.
L’hôpital de Ntoum devrait être équipé de tous les services y compris du matériel hi-tech pour toute intervention éventuelle.
Cet hôpital, tout comme celui de Njole dans le moyen-Ogooué et dont la fréquence des accidents de la route fait grimper dangereusement la courbe de décès, devrait être un motif d’ inquiétude nationale qui devait interpeler les pouvoirs publics.
Le budget dans la loi des finances 2026 qui atteint un plafond de 377 milliards, soit une hausse considérable par rapport au budget de 2025 qui atteignait les 141 milliards, »vise (pourtant) à moderniser les hôpitaux , acquérir des équipements de dernière génération, renforcer les programmes de santé publique, former le personnel soignant, décentraliser les soins vers les zones rurales et enclavées, rendre le système plus résilient face aux crises sanitaires futures », ainsi que nous l’ annonçait le ministre de la Santé le professeur Adrien Moungoungou lors de l’arbitrage budgétaire. Comment alors expliquer que certaines structures sanitaires ressemblent à des dispensaires de chantiers implantés au cœur de la forêt vierge?
Malheureusement la direction générale de la sécurité routière ne met pas à la disposition du public les statistiques sur le taux des accidents mortels sur la nationale 1, surtout sur les axes Pk 12-Ntoum- Njole-Lambaréné-fougamou qui sont estampillés zones noires.
Excès de vitesse, conduite en état d’ébriété, mécanique défectueuse et dépassements abusifs, sont autant de causes d’ accidents de la route.
Les chantres qualifiés à nous réciter l’ode des vertus de la 5e République, doivent tout mettre en œuvre pour que le Gabon entre effectivement dans l’ère de la 5e République, loin des discours fumeux pondus par des individus qui font passer leur incompétence pour des qualités hautement intellectuelles.
Car il est impassable qu’en plein 21e siècle le pays s’enlise de plus en plus dans un surplace devenu endémique du fait de charlatans cireurs des pompes, devenus des maîtres à penser du général-président Brice Clotaire Oligui Nguema et qui, tous les jours, chantent des louanges en hommage au seigneur président Chaga (pour les membres de son Fan club).
Geneviève Tillue





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