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L’activiste Pierre Wilfried Okoumba, alias Kamitatou d’Adjogho, aurait-il été lâché par le général-président dont il était proche ?

Rentré au pays depuis le 24 juillet, l’activiste est désormais dans les mailles de la justice gabonaise.
Depuis qu’il savourait de beaux jours pendant son exil français, l’homme inondait la toile de coups de gueule d’une virulence décapante. Des citoyens, et pas des moindres, étaient passés au crible.


Pierre Wilfried Okoumba serait poursuivi pour des faits présumés de diffamation. Ses excuses publiques n’ont pas suffi à apaiser la colère de ses têtes de Turc, au nombre desquelles Jean Gaspard Ntoutoum Ayi, accusé de s’être indûment enrichi lorsqu’il était directeur général de la Dette. Ce dernier aurait déposé une plainte en diffamation contre l’activiste auprès du procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville. Il n’est pas exclu que d’autres plaintes s’enchaînent, vu le nombre de citoyens ayant subi les charges de Pierre Wilfried Okoumba.


Des observateurs de la vie politique s’interrogent sur cette interpellation, hier jeudi, par la police judiciaire, alors qu’on le croyait jouissant d’une protection au sommet. Surtout que, lors de la première escapade présidentielle en France au lendemain du putsch du 30 août 2023, l’homme semblait avoir signé, avec les activistes qui canardaient son régime et lui, un pacte de non-agression assorti d’une possible immunité contre toutes poursuites judiciaires. Un arrangement arrosé de billets de banque. La mayonnaise de ce deal avait pris, puisque le discours de certains activistes s’était soudainement moins radicalisé.


Le général-président aurait-il cédé à la pression des médias et des réseaux sociaux ? On s’interroge légitimement, vu la manière cavalière de son arrestation sur le perron de l’hôtel parisien où créchait Brice Clotaire Oligui Nguema lors de sa virée d’État en France.
Le général-président n’avait-il pas été mis au parfum de ce qui ressemblait à un kidnapping ? Le doute est permis.
L’activiste cogite désormais sur son sort, le même qui attend d’autres activistes encore actifs en Occident, dont la déchéance de leur piédestal est à redouter.


Et si tout s’est joué pendant cette visite dite d’État entre les dirigeants français et gabonais ?
La politique étant l’art de la ruse et de la roublardise, une telle hypothèse complotiste n’est pas à écarter.
Rappelons-nous que Brice Clotaire Oligui Nguema, sans état d’âme, n’avait pas hésité à livrer, tel un colis, à la frontière Cameroun-Gabon un activiste camerounais qui, depuis lors, est embastillé dans les geôles camerounaises.
L’extradition (irrégulière, ainsi que le qualifient ses avocats) d’Akame Steve alias Ramon Cotta, le 19 juillet 2024, avait entraîné une vive indignation de la part d’organisations qui dénonçaient la violation du droit d’asile et de la convention de Genève.

Pascal Laurent

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