Après Jérémie Gustave Nzamba, qui nous a fait ses adieux le 25 juillet 2026, c’est au tour de Serge Egdzagore Meye de nous quitter. Comme si un destin fatal planait sur la radio panafricaine qui, ces dernières années, voit disparaître ses professionnels dans un intervalle glaçant. Près d’une dizaine au total à avoir quitté le monde des vivants.
À croire une fatalité luciférienne qui va au-delà du rationnel.
Serge Egdzagore Meye nous a quittés aujourd’hui à Makokou, dans la province du nord-est du Gabon, d’où il était originaire. Ces dernières années, l’homme était très affaibli, diminué après un accident vasculaire cérébral (AVC) qui aura gravement affecté sa voix, dont il avait presque perdu l’usage. Un sérieux handicap pour un journaliste audiovisuel dont la voix constitue un outil important pour l’exercice de la profession.
Ancien correspondant de Radio Gabon à Makokou, il est repéré au début des années 2000 par le directeur des antennes Alain Legouguec, un Français dont la tâche consistait à booster la radio africaine dans son offre éditoriale.
Serge rejoint finalement la rédaction d’Africa n°1, où il va exercer jusqu’à ce que la panafricaine pique du nez, la Libye, actionnaire majoritaire (52 %), ne pouvant honorer ses engagements patronaux après l’assassinat lâche du guide libyen Mouammar Kadhafi par l’ancien président français, une crapule du nom de Nicolas Sarkozy, un repris de justice à la culture riquiqui, instrumentalisant les forces complotistes de l’OTAN afin d’accomplir cette sale besogne.
Ce confrère qui disparaît aujourd’hui, d’une modestie exemplaire, respectait les aînés avec lesquels il partageait l’espace rédactionnel et auprès desquels il avait beaucoup appris.
Serge, du fait de son état de santé, était soumis à un traitement thérapeutique à vie et à des séances chez un kinésithérapeute. Tout cela avait un coût. Faire face à tous ces besoins était devenu une gageure pour Serge.
Le non-versement des droits légaux et transactionnels dus aux agents par l’État gabonais, deuxième actionnaire au capital d’Africa n°1, est sans doute pour quelque chose dans l’hécatombe à laquelle on assiste à Africa n°1.
Les pouvoirs publics attendent sans doute la disparition de tous les agents afin que soit tournée la page de ce dossier qui devient, à leurs yeux, un boulet.
Laure Patricia Manevy





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