Mon cher cadet, cher confrère, mon âme rebelle, silencieuse et profonde, se recueille devant ton rappel à Dieu.
À la face du Gabon et du monde, je viens dire ceci :
À ceux qui vont venir te voir maintenant que tu n’es plus, alors qu’ils ne te voyaient pas lorsque, de ton vivant, avec d’autres collègues plongés dans la même détresse, tu frappais à leurs portes pour réclamer le paiement de vos droits, au nom de cette humanité qui devrait pourtant nous unir.
Vous disiez : « Votre dossier est en cours… attendez, ce n’est plus loin… ça va être fait… »
Pourtant, pendant plus de dix longues années, ce furent les seules réponses que l’administration a eu à offrir : une politesse froide, des promesses sans lendemain et un silence devenu insupportable.
Vous lui avez donné l’espérance qui fait vivre… mais cette espérance l’a accompagné jusqu’à la mort. Alors que ce qui aurait pu l’aider, même à l’achat d’un comprimé face à une prise en charge médicale coûteuse, reste dans les caisses de l’État.
Aujourd’hui, comme trop souvent dans notre pays, vient le temps de la République des larmes de circonstance, des condoléances enflammées, des discours officiels et des hommages hypocrites. Et ceux qui ont la charge de ce dossier, des narratifs reconditionnés, fruit des stages de renforcement des capacités de nuisances administratives et financières. Celle de juger qui a droit et qui n’a pas. De l’urgence et de ce qui ne l’est pas.
Pourtant, l’hommage le plus juste n’est pas celui que l’on prononce devant la dépouille. C’est celui que l’on rend de son vivant, en respectant sa dignité, son travail et ses droits.
Gustave Jérémy NZAMBA n’avait pas besoin de fleurs après sa mort.
Il avait besoin de justice de son vivant.
QUE SA DISPARITION INTERROGE NOS CONSCIENCES.
QU’ELLE RAPPELLE À CHACUN QUE RETARDER INDÉFINIMENT CE QUI EST DÛ À UN HOMME, C’EST PARFOIS LUI VOLER UNE PARTIE DE SA VIE.
Repose en paix, Gustave Jérémy NZAMBA.
Devant Dieu et devant les hommes, tu demeures un journaliste émérite.





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