AccueilNécrologieLes adieux d'un baroudeur de la plume

Les adieux d’un baroudeur de la plume

Les années passées à Africa n°1 par Jérémie Gustave Nzamba, qui disparaît brutalement un après-midi du 25 juillet 2026, étaient loin d’être un fleuve tranquille. Sa carrière au sein de cette boîte était jalonnée de frustrations qu’il avait accumulées tout au long de sa carrière, qui aura suscité des vocations auprès de nombreuses générations.


L’homme était ostracisé par sa hiérarchie, qui lui reprochait de ne pas entrer dans les rangs des cireurs de pompes et autres délateurs certifiés. Ses tortionnaires, par cette posture, entendaient briser son moral.
Mais contre vents et marées, Jérémie Gustave Nzamba, tel un roseau, a résisté grâce à une arme qu’il savait manier : l’humilité et l’indifférence qui le caractérisaient.


Régis Massimba, actuel directeur général du groupe Gabon-Télévision, qui l’a côtoyé durant de longues années à Africa n°1, en dresse d’ailleurs un portrait fort éloquent :
« Je garde comme souvenir de Jérémie Gustave Nzamba un homme simple, sans histoire, une humilité sans pareille mais un talent fou qui n’a pas été reconnu à sa juste valeur parce que, justement, tout le monde vous demande d’être modeste, humble, simple, mais malheureusement cette humilité et cette simplicité sont utilisées par certaines personnes pour vous écraser et vous faire disparaître. C’est pourquoi il faut de temps en temps lever le ton et montrer qu’on est présent, qu’on existe et qu’on n’est pas là pour se faire dominer par qui que ce soit. Jérémie Gustave Nzamba a payé de cette humilité presque chronique.


Ce type était tellement humble, car à un moment donné, sur l’antenne d’Africa n°1, il a été écarté, il a connu une traversée du désert qui était triste à voir. Ils l’ont même affecté en « deuxième division », c’est-à-dire à Africa Plus Gabon, un décrochage local qui n’émettait que dans le périmètre de Libreville. Il ne s’est pas découragé pour autant, il a donné le meilleur de lui-même avant de revenir sur l’antenne internationale. On aurait voulu le voir renaître en même temps qu’Africa n°1, hélas… »
Cette expérience douloureuse vécue dans cette radio lui a d’ailleurs inspiré un roman autobiographique, Le Chemin de croix de Dounga, qui, malheureusement, n’a jamais été édité.

Gustave Irapula

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