Brazzaville – Paris – L’affaire des « Biens mal acquis » rebondit. La première dame du Congo, Antoinette Sassou Nguesso, fait à nouveau l’objet de procédures judiciaires en France dans le cadre d’une enquête ouverte depuis 2009 sur l’origine du patrimoine de plusieurs dirigeants africains en France.
Des saisies et un mandat d’amener en 2025
L’affaire concerne principalement des biens immobiliers et bancaires acquis en France. Dès avril 2016, deux appartements au nom d’Antoinette Sassou Nguesso avaient déjà été saisis à Paris et à Nice. Au total, la famille présidentielle est visée pour un studio dans le 16e arrondissement, un triplex à Neuilly-sur-Seine, des biens à Courbevoie et un ensemble immobilier dans le 17e.
Le dossier a pris une tournure diplomatique en février 2025. Alors qu’elle séjournait à Paris, un mandat d’amener a été émis par le juge d’instruction Serge Tournaire. La première dame a quitté précipitamment la France le 4 mars 2025 pour éviter une audition, provoquant des tensions entre Brazzaville et Paris.
Selon des informations de presse, l’enquête porte notamment sur l’acquisition, en 2007, d’un appartement de 9 pièces de 328 m² avenue Niel, dans le 17e arrondissement, pour 2,47 millions d’euros. La justice s’interroge sur l’origine des fonds ayant servi à ces achats.
Brazzaville dénonce une instrumentalisation
Le gouvernement congolais conteste la procédure. L’avocate de l’État, Simone Bernard Dupré, estime que « cette assignation est contraire aux règles de la diplomatie » et rappelle l’immunité dont bénéficie la première dame.
Pour Brazzaville, il s’agit d’une affaire « étatique » qui ne devrait pas relever de la justice française. L’ONG Transparency International, à l’origine de la plainte en 2009 avec Sherpa et Global Witness, voit au contraire dans ce dossier un test de la lutte contre le blanchiment des capitaux issus de la corruption.
Un volet judiciaire qui s’étend
En septembre 2025, les avocats de l’État congolais ont également demandé le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de plusieurs personnes citées dans le dossier, dont Antoinette Sassou Nguesso.
L’affaire des « Biens mal acquis » vise trois familles présidentielles : celles du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée équatoriale. Elle interroge depuis plus de 15 ans les liens entre patrimoine privé, fonds publics et juridiction française.
En attendant une éventuelle audience, Antoinette Sassou Nguesso continue d’assumer ses fonctions officielles à Brazzaville, notamment à la tête de la Fondation Congo-Assistance, créée en 1984.






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