Le gouvernement gabonais amorce le retour sur son territoire de 270 millions de dollars issus des revenus en devises des sociétés pétrolières (fonds REST). Cette opération, validée de concert avec la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), vise à consolider les liquidités nationales et à réaffirmer la souveraineté financière du pays.
Une mise en conformité sous l’égide de la BEAC
L’initiative a été mise en lumière à l’issue d’une rencontre, le 5 avril dernier, entre le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, et le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui. Elle porte sur la restitution de plus de 153 milliards de francs CFA (270 millions de dollars). Ces fonds dits « REST », correspondant aux recettes d’exportation des entreprises pétrolières opérant au Gabon, étaient jusqu’ici conservés à l’étranger, en marge de la réglementation sous-régionale sur la domiciliation des devises. Le processus de rapatriement, un temps freiné par des contraintes techniques liées aux immunités de l’institution bancaire communautaire, s’inscrit désormais dans un cadre strict de régularisation et de collaboration institutionnelle.
Sécurisation des avoirs publics
Pour Libreville, ce rapatriement répond avant tout à un impératif de transparence et de maîtrise des flux macroéconomiques. La démarche met fin au maintien à l’extérieur de ressources stratégiques, permettant ainsi à l’État d’assainir sa gestion comptable. Le transfert de cette manne financière vers les circuits officiels de la CEMAC vient directement renforcer la position extérieure du pays en reconstituant ses réserves monétaires, un indicateur de solvabilité scruté par les partenaires techniques et financiers internationaux.
De nouvelles marges de manœuvre budgétaires
Sur le plan intérieur, la sécurisation de ce volume de liquidités offre aux pouvoirs publics un levier d’action élargi. En rapatriant ces capitaux, le Gabon réduit sa dépendance aux financements extérieurs et dégage de nouvelles marges de manœuvre pour soutenir son économie réelle. Ces ressources ont vocation à être mobilisées pour financer les investissements prioritaires de la transition, avec un fléchage attendu vers des secteurs clés tels que le développement des infrastructures, le système de santé et l’éducation.





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