32 % de la population vivant au Gabon sont d’origine étrangère, selon le dernier recensement des populations validé par la Cour constitutionnelle.
Donc bien au-delà du seuil de tolérance, voire des « capacités d’accueil », pour emprunter le narratif des sociologues.
Ce pourcentage est contestable pour plusieurs raisons que nous aborderons plus loin.
Pour une population gabonaise estimée à 2 318 365, 32 % d’étrangers, cette réalité seule devrait interpeller davantage qu’elle ne doit questionner. L’urgence de la mise en place de politiques migratoires appropriées s’impose.
Il est vrai que l’immigration, par l’expertise qu’elle apporte, son potentiel en matière de création d’emplois qui contribue largement au développement économique, est à saluer. Mais à condition de mettre en place des mécanismes de régulation du flux migratoire, comme dans certains pays européens où le phénomène migratoire est planifié et étudié afin qu’il ne devienne pas un boulet, voire un facteur bloquant pour la culture, l’économie et surtout l’intégration dans le pays d’accueil. N’oublions pas que nombre d’étrangers vivent dans des ghettos culturels et ne s’intègrent pas. Rappelons que l’étranger est celui qui vit dans sa forteresse culturelle et ne s’intègre pas à la culture du pays d’accueil.
Les agents recenseurs sillonnaient les quartiers uniquement en journée.
Recensement bâclé ? Oui.
La plupart des étrangers sont absents de leurs domiciles la journée et ne regagnent leurs domiciles qu’en début de soirée, après une journée de labeur bien remplie. D’autres vivent retranchés dans des champs pour des activités maraîchères, loin des zones urbaines, et n’écoulent leurs récoltes que par des intermédiaires interposés. C’est pourquoi les statistiques de ce dernier recensement sont peu fiables et sont sujettes à contestation.
Dans un pays où l’immigration clandestine est un fléau, où les frontières sont poreuses et où les mécanismes de surveillance territoriale accusent un réel déficit logistique, parler de 32 % est loin de la réalité. Ce recensement est à refaire.
Laure Patricia Manevy





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