Engagé sur la voie de la réforme, le ministère des transports a mis en place le permis de conduire digitalisé. Le document disponible en une semaine est payable entre 10 à 20.000 FCFA selon les catégories. Ce qui, à terme, devrait générer une marge financière colossale, même si aucune communication n’a été faite à ce sujet, l’argent n’aimant pas le bruit.
Aucune information sur le nombre de permis délivrés à ce jour au Gabon, leur répartition par catégorie. Encore moins sur ce que devrait rapporter une telle opération au trésor gabonais. Or, parlant justement du trésor, ce dernier semble avoir été mis à l’écart de cette campagne, le paiement électronique ne se faisant que via AirtelMoney. Chose de facto contraire à l’orthodoxie financière administrative. Car le permis de conduire est un acte administratif. En tant que tel, le paiement de sa délivrance devrait être conditionné par le paiement d’une quittance du trésor, la caisse de l’Etat qui garantit la transparence et la traçabilité de l’argent ainsi généré.
Or, en décidant d’effectuer ces opérations par AirtelMoney qui manque de nombreux détails de comptabilité, difficile donc de savoir si le nom qui paie 10.000 ou 20.000 FCFA pour un permis est bel et bien celui à qui appartient le compte AirtelMoney. Tout comme il est difficile de savoir à qui appartient le compte de réception des fonds, au ministère des Transports ou à un individu. A quoi vont-ils servir?
Tout un flou entretenu autour d’une opération qui aurait pu générer des recettes importantes à l’Etat. Surtout dans un contexte de finance difficile que traverse le pays. L’Assemblée nationale dont c’est la mission de contrôler l’action du gouvernement devrait donc se saisir du dossier pour interpeller le ministre Ulrich Manfoumbi qui porte cette opération de digitalisation du permis de conduire en république gabonaise.
Mais une opération qui nourrit désormais des soupçons à mesure qu’il se déroule avec ses lenteurs criardes dues notamment à un débit de connexion très limité. Toute chose qui pose un problème de gestion des files d’attente déjà très longues dès 5 heures du matin. Surtout avec la restriction d’internet imposée par le gouvernement depuis février dernier. Ce qui limite la fluidité de la connexion et soulève la question du respect du délai de six mois imposé par la tutelle.
Leno Koleba





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