DIRIGER L’OIF POUR PESER DAVANTAGE
Diriger l’Organisation Internationale de la Francophonie est un enjeu géopolitique majeur pour la Mauritanie. À l’étroit au sein de la Ligue arabe où sa voix porte peu, et marginalisée dans l’OIF malgré son statut de membre, Nouakchott voit dans la présidence de l’institution l’occasion d’acquérir un poids diplomatique inédit. Confier sa direction à une Mauritanienne reviendrait à offrir au pays une tribune internationale et la capacité d’influencer l’agenda culturel, linguistique et politique des 88 États membres.
PESER DANS UN SAHEL POST -COUP D’ÉTAT DÉGARNI
Avec le départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso de l’orbite française, Paris cherche de nouveaux relais francophones crédibles en Afrique de l’Ouest. La Mauritanie, relativement stable et en bon terme avec l’UE, peut se positionner comme pont entre l’Afrique du Nord, le Sahel et le reste du monde francophone. Coumba Bâ à la tête de l’OIF ferait de Nouakchott cette passerelle : un pays capable de faire dialoguer les 88 États membres, alors que l’organisation traverse une crise d’influence dans la région.
UN PARI RISQUÉ MAIS TRANSFORMATEUR
Le pari est risqué : en cas d’échec, la Mauritanie aura exposé ses ambitions sans les concrétiser. Mais en cas de victoire, Nouakchott passerait du statut d’acteur périphérique à celui de pilote d’une organisation internationale. Pour un pays en quête de repositionnement entre monde arabe et Afrique subsaharienne, c’est l’opportunité de redéfinir son rôle sur la scène internationale.
A.T.A





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