Avoir une parcelle de terrain à Libreville c’est la mer à boire. Soit vous êtes la proie d’ une bande d’escrocs qui va vous soutirer des millions, soit vous vous retrouvez avec plusieurs acheteurs sur la même parcelle et vous voilà pris dans l’étau d’un cafouillage de conflits fonciers sans fin. Le tribunal de première instance de Libreville croule d’ ailleurs sous le poids des conflits fonciers. Lorsque vous parvenez à obtenir par miracle un terrain à Libreville sans le moindre désagrément qui vire au conflit, dites-vous bien que la grâce de dieu est avec vous.
Ils sont de nombreux Gabonais ayant été désabusés.
Le cas des Gabonais spoliés ayant des parcelles de terrain à essassa derrière l’université internationale Berthe et Jean, à une vingtaine de minutes de Libreville sur la nationale 1.
Parmi les spoliés, se trouve un ancien journaliste d’ Africa n’ 01 aujourd’hui à la retraite et qui, depuis quelques années, avait acquis par cession foncière une parcelle de 800 M2.
Mais comme par extraordinaire, le terrain devient aujourd’hui la propriété de la SNi, la société nationale immobilière qui, fort d’ un titre foncier (TF ) dont elle dit être propriétaire, a déployé ses engins sur le site afin de tout raser.
Le journaliste qui veut comprendre ce qui s’y passe pointe au siège de la SNI à likouala où se trouve la fosse commune où sont ensevelis les restes des putschistes qui, en 1964, avaient fait vaciller le pouvoir du président Léon Mba; capturé puis remis en selle par la France.
Les explications données au journaliste ne souffrent d’ aucune ambiguïté. Une jeune dame aimable lui présente le plan de situation : »c’est le domaine de la SNI. On vous propose de verser 2. 700 .000 FCFA, on vous attribuera une parcelle de 500 M2 avec TF à la clef ». Désarçonné, le journaliste, le regard éteint, quitte les lieux sans mots dire.
Au nom de l’ intérêt national, si l’ Etat a décidé, dans le cadre de ses projets structurants, d’arracher des parcelles aux citoyens gabonais pour une cause nationale, quoi de plus normal? Car l’ intérêt national prime. Mais à condition que l’ on trouve des solutions alternatives pour ces Gabonais qui ont misé fort sur ces parcelles pour construire des logements après des années de dure labeure. Ce ne serait que justice…
Gustave Irapula





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