AccueilPolitiqueCTRI5e République: défis et urgences oubliés, une grève de la faim ignorée

5e République: défis et urgences oubliés, une grève de la faim ignorée

Le Gabon compte de nombreux départements et leurs chefs-lieux encore dans un état d’ enclavement chronique. Le cas de Mimongo chef-lieu du département de l’ogoulou dans la province de la Ngounie est un très bel échantillon de ce désastre urbain qui enveloppe la plupart des départements du Gabon.


Mimongo manque de tout ce qui peut caractériser une ville moderne dotée de toutes les commodités sociales. Les infrastructures modernes manquent cruellement. Mimongo, avec ses bâtisses héritées de la coloniale, est une Bourgade où y vivre ressemble à une corvée au quotidien.


Ne pouvant plus s’accommoder d’ une telle réalité affligeante, Wilfried Kombe Nziengui, originaire du coin, observe depuis le 14 Avril à la place de l’ indépendance à Libreville, une grève de la faim à laquelle se sont joints quelques autres membres natifs du département de l’ ogoulou.


Par cette grève, ils entendent attirer l’attention des plus hautes autorités au nombre desquelles le général président Brice Clotaire Oligui Nguema afin que le chef-lieu de leur département sorte de l’ oublie.
À Mimongo, il n’ est pas rare que vous trouviez la mort faute d’ officines pharmaceutiques. Le cas de cette malheureuse professeure de philosophie, privée de salaire, qui passa de vie à trépas du fait d’un paludisme non soigné, les médicaments faisant défaut. À Mimongo existe bel et bien un établissement hospitalier. Mais cette structure sanitaire est comme le chef-lieu du département, c’est à dire dépourvu de tout. C’est un mouroir. Vous êtes victime d’un malaise ou d’ une maladie qui nécessitent des soins d’urgence, soyez-en sûres que vous terminerez entre quatre planche.


L’ alternative qui s’offre en cas d’ urgence, c’est l’ évacuation des malades vers Mouila chef-lieu de la province de la Ngounie situé à moins d’ une certaine de kilomètres de Mimongo. Mais les voies de communication, en piteux état, découragent les bonnes volontés.S’ y risquer c’est mettre vos nerfs et votre véhicule à rude épreuve. Dans le pire des cas, le moyen roulant peut vous lâcher en chemin et en pleine jungle avec tout ce que cela comporte comme risques encourus.
Les quelques rares ayant des moyens roulants, bien que dotés d’ un élan d’ humanisme, préfèrent ne pas prendre ce grand risque qui peut s’avérer suicidaire.

La désolante situation que vivent les populations de Mimongo, est la parfaite réplique de la réalité dans certaines communes du Gabon.
Si dans les plus grandes agglomérations du pays on note quelques frémissements structurels, le reste sombre encore dans un état de sous développement avancé qui n’ est pas loin de nous rappeler les villes du Gabon post-indepedance qui ressemblaient fort bien à des bidonvilles avec leurs magmas de cabanes construites dans un désordre parfait.
Plus d’ un demi-siècle après ces indépendances synthétiques, certaines de nos villes des communes et des départements, sont restées figées à l’ état nature sans bénéficier d’un semblant de développement structurel même en trompe-l’œil. À croire qu’elles sont frappées d’ un sort fatal.


Il est vrai que en deux ans d’ existence de la 5e République, on ne peut pas résoudre tous les problèmes du Gabon, il est aussi vrai que en deux ans d’ existence de cette nouvelle République, le désenclavement des zones rurales aurait pu figurer au nombre des urgences aux côtés des grands travaux en cours d’ exécution observés aussi bien à Libreville qu’à l’ intérieur du pays.

Le Gabon est un où l’ urgence est partout palpable. Elle doit être considérée comme faisant partie d’un tout qu’aucun secteur de ce tout ne doit éclipser un autre sous aucun prétexte. Dans ces zones enclavées, ce sont des populations privées de tout, qui crèvent dans un isolement et dans un total dénuement.


Entre nous soit dit, monter des murs de béton un peu partout, et sauver des vies, l’ urgence, indiscutablement, devrait être là dernière option qui ne peut être contestée. À moins de reléguer la vie et la dignité humaines au second plan. Ce serait, de mon point de vue, une monstrueuse erreur d’appréciation managériale.

Ghoze Lucifera

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