Sur la nationale 1, les croisements sont assez difficiles, voire très risqués, surtout à cause d’une conduite inconsciente de la part de certains chauffeurs hantés par l’idée de livrer dans les délais des cargaisons de marchandises et d’humains, les yeux pétés, comme imbibés de substances illicites, le regard perdu dans le néant, conduisant comme des forcenés sur une voie peu sûre.
Vitesse maximale, dépassements abusifs : une fusion mortelle à l’origine de nombreux accidents.
La route, sinueuse et étroite, construite sans doute depuis l’âge de pierre, est un facteur stressant chez les automobilistes, même les plus expérimentés.
Il y a quelques années, au vu du fort taux d’accidents mortels sur la nationale 1 du fait des grumiers et d’une circulation très dense, le ministère des Transports avait pris un arrêté interdisant à ces mastodontes de circuler le samedi et le dimanche, assorti d’une autre mesure interdisant de circuler après 18 heures les jours ouvrables.
Cet arrêté, respecté à la lettre, doit pourtant s’élargir à toutes les semi-remorques qui transportent des tonnes de bois ayant subi une première transformation et qui ne présentent pas moins un réel danger sécuritaire.
Ces porte-chars au tonnage imposant doivent être soumis à cet arrêté.
C’est à se demander si ces gros porteurs respectent le tonnage imposé par le ministère. Passent-ils au pèse-essieux en vue de vérifier si le tonnage répond aux normes ? Car il est question de préserver les voiries d’une dégradation rapide dont ces géants de la route sont les principaux responsables.
L’arrêté ministériel impose aussi le bâchage des chargements et la limitation des vitesses. Ce qui est peu respecté.
Si la mesure est respectée scrupuleusement par les remorqueurs de grumes, en revanche, leurs stationnements parfois abusifs, faute de parkings aménagés, présentent également un danger réel, surtout dans des endroits peu ou pas du tout éclairés. D’où la récurrence d’accidents de véhicules légers qui s’encastrent derrière les grumiers en stationnement.
Les brigades du ministère des Transports, parées de leurs gilets fluorescents et censées faire appliquer la loi, et que l’on poste en embuscade sur la chaussée, sont comme prises en tenaille entre l’appât du gain et l’application stricte de la mesure gouvernementale.
Élisia Reclus






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