AccueilSociétéDrôle de discours présidentiel devant la représentation nationale

Drôle de discours présidentiel devant la représentation nationale

Hier 15 juin 2026 devant les deux chambres du parlement, l’hyper-president Brice Clotaire Oligui Nguema qui conserve dans ses mains tous les pouvoirs cosmo-planétaires, a prononcé un discours touffu sur l’ état de la nation. Tellement ennuyeux qu’il s’est transformé en un supplice chinois.


Entre égrainer le chapelet des ratés de l’ ancien régime et faire l’ inventaire de ses réalisations depuis qu’il est au pouvoir par coup d’État, les parlementaires étaient noyés dans cette superposition d’idées disparates qui avait tout d’ un essai dont la trame, mal agencée, donnait l’ impression d’ un travail bâclé, un texte dont les pans entiers devaient être expurgés afin qu’on en saisisse le contenu.


Cette sortie devant les parlementaires avait tout d’ un procès à charge contre l’ ancien régime. Mais le paradoxe qui lui a échappé dans son réquisitoire complexe et son plaidoyer pro domo, c’est que les maux dont il accable ses prédécesseurs sont les mêmes et qui, d’ ailleurs, sous son règne, se sont amplifiés avec une intensité cruelle jamais observée.
Quelques exemples illustratifs.


L’ accès à l’ eau et à l’ électricité, l’explosion de l’ addiction à la drogue chez les jeunes, l’ insécurité qui gagne toutes les neuf provinces et la vie chère à laquelle il trouve comme réponse hallucinante la centrale d’ achats, une opération sans incidences sur le quotidien des consommateurs Gabonais qui doivent sans doute marquer leur étonnement devant une telle déclaration d’ une rare gravité insoutenable débitée devant leurs représentants. La centrale d’ achats, une mesurette sans plus. C’est comme une goûte d’ eau donnée dans un vaste désert.


Nombreux attendaient Brice Clotaire Oligui Nguema sur plusieurs chantiers toujours au point mort voire en friche.
Dans ses envolés lyriques soutenues par une prose qui avait tout l’ air d’ une incantation, l’ homme, sans doute, par omission, n’ a pas placé un mot sur le tronçon Pk 12- ntoum. Peut-être attend-t-il que son prédécesseur revienne achever la construction de l’ouvrage.
Le Général-Président a vanté ses prouesses en matière de lutte contre le chômage. Mais ce qu’il n’ a pas dit, c’est que le boulot qu’il offre à nos jeunes, c’est de les enrôler dans les corps habillés.  »A cette allure, vu l’ explosion des recrutements, il ne serait pas rare que chaque famille gabonaise compte au moins une dizaine de recrues », irronisait, avec lucidité, un jeune Gabonais.
Question: Brice Clotaire Oligui Nguema serait-il en train de faire du Gabon un Etat policier, genre la gestapo comme sous l’occupation nazi ou la securitate de Ceausescu en Roumanie ?
En tout cas il est des signes prémonitoires qui ne trompent pas, il suffit simplement de les décrypter.

Comme on le sait, c’est dans la boue qu’on extrait des pupitres d’ or ou de diamant.
Le discours de l’ hyper-president Brice Clotaire Oligui Nguema a néanmoins le mérite d’annoncer une mesure salutaire. Les clercs l’ ayant inspiré ont tapé dans le mille. Il était temps que les primes de transport soient supprimées pour les fonctionnaires dotés de voitures d’ Etat.
Ils disposaient allègrement non seulement des moyens roulants et des dotations en carburants, mais percevaient en plus une prime de transport. Un gâchis qu’il convenait d’y mettre un terme.
Voilà au moins une mesure qui fera économiser au trésor l’ argent public que l’ on pourra réinvestir dans des projets structurants.

Pascal Laurent

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