Après des décennies d’ exploitation pas du tout encadrée, l’ iboga passe désormais sous contrôle strict de l’État. Autorisation obligatoire pour toute exploitation de cette plante. Cet arbuste de la forêt gabonaise, ses racines contenant une molécule qui intéresse la recherche scientifique pour ses vertus thérapeutiques sur des sujets en proie aux addictions dues aux drogues dures, est une mine d’or pour le Gabon d’où son regain d’intérêt aux yeux des autorités gabonaises qui, désormais, encadrent son exploitation.
L’ iboga sert de matériaux de travail lors des rites initiatiques de passage et de guérison des maladies psychosomatiques appelées » maladies invisibles ou imaginaires » par l’anthropologie; tout comme elle sert dans le rite bwiti, une pratique ancestrale qui en fait le moteur liturgique et le »script » de toutes les étapes du voyage initiatique des impétrants.
Fini donc le flou qui entourait l’ exploitation de cette plante sacrée, puisque depuis le 22 mai 2026, le Gabon a mis cette plante sacrée, ses dérivés et les savoirs traditionnels associés sous contrôle strict, selon ce décret de mai 2026 encadrant le secteur.
Le gouvernement gabonais met donc fin à des décennies d’ exploitation anarchique.
Plante culturelle, plante médicinale, plante économique. C’est ce mélange qui rend son encadrement plus complexe et intéressant.
À la lumière du décret de mai 2026 qui place cette plante sacrée sous contrôle, toute exploitation est désormais soumise à une autorisation obligatoire y compris avant toute recherche scientifique sur l’ iboga et son exportation voire sa transformation éventuelles, sinon son usage traditionnel.
De même toute activité liée à la plante doit obtenir le blanc saint du ministère chargé de la culture.
Tout doit passer absolument par une autorisation préalable sous peine de sanctions pénales.
Mais l’ autorisation n’est pas automatique, rappellent des sources proches du ministère de la Culture. Elle passe par une commission technique interministérielle appelée à statuer.
L’ iboga désormais est un patrimoine protégé à l’ instar de certaines espèces animales comme le chevrotin appelé encore l’ antilope aquatique qui régénère l’ Okoumé, une des richesses du gisement forestier Gabonais, et le pangolin menacé d’ instinction.
On se demande bien avec quels moyens techniques l’ Etat entend faire appliquer son décret lorsque l’ on sait que la pratique du rite initiatique bwiti est d’ abord et avant tout une tradition ancestrale très vivace dans les coins et recoins enclavés du Gabon.
Gustave Irapula





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