Les associations spécialisées dans la lutte contre la pandémie du VIH-SIDA au Gabon sont butées aux moyens. l’État gabonais devait pourtant accompagner ces ONG via des subventions afin qu’elles mènent leur combat contre cette maladie qui, au Gabon, atteint un taux de seroprevalence estimé à 3,6% selon les dernières données statistiques publiées par l’ ONUSIDA et le PNLS.
Comment ne pas penser que les personnes vivant avec le virus sont des laissées pour compte lorsqu’on sait que l’ Etat accorde bien des subventions aux Partis politiques, aux Fondations et à la presse !
Ignorés, ostracisés, stigmatisés par leurs familles respectives, nombreux ont comme seul lieu de refuge, ces associations dans lesquelles Ils trouvent une nouvelle famille.
Ces associations dont le travail de terrain est à saluer malgré l’absence de moyens, doivent être prises en compte dans les lignes budgétaires affectées au ministère de la santé car il en va de la santé publique. Ces associations font du consiling auprès des malades, travaillent en synergie avec des psychologues, des médecins de bonne volonté, conçoivent des flyers visuels pour la sensibilisation ; aident les malades démunis à faire face aux frais d’ examens de contrôle des CD4 et autres traitements en ambulatoire. Le tout a un coût. Si les associations implantées à Libreville peinent à fonctionner, quand en est-il alors de celles installées à l’ intérieur du pays? L’ on comprend pourquoi nombre de malades préfèrent jeter l’ éponge et attendre que la mort les emporte, parce que se prendre en charge cliniquement avec tout ce qu’il y a comme contraintes sanitaires, une hygiène de vie, une alimentation équilibrée, est une véritable gageur. Certains, pour contourner ces contraintes financières, se réfugient chez les tradipraticiens qui leur promettent une thérapie miracle.
Il est vrai que les antirétroviraux sont soumis à la gratuité, mais le hic demeure tout de même.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle interpelle nôtre sens d’humanisme. Ce sont des malades comme les autres qui ont besoin d’ affection, d’ être accompagnés dans cette épreuve. Il n’ ont pas choisi d’être porteur du virus. Ceux qui exercent en milieux hospitaliers sont exposés aux risques de contamination. L’ enfant qui naît déjà contaminé a-t-il fait le choix d’être un porteur? Malheureusement le fait d’ être porteur vous expose à des stéréotypes réducteurs qui renvoient aux mœurs.
Le témoignage de Monsieur Bakoko ancien Maire de Boumango sur tv+ Afrique est glaçant.
L’ un des premiers, il y a plus d’ une trentaine d’années, a donner des témoignages avec Sidonie Syaka sur la place publique sur leur statut sérologique, a brossé la difficile survie des associations qui luttent contre cette pandémie au Gabon. Elles n’ ont pas de siège à Libreville. Pour exercer, le CTA du CHU de Libreville leur a cédé un hangar juste à l’ entrée. C’est là qu’elles se retrouvent pour des opérations de consiling.
C’est dire qu’il est urgent que les pouvoirs publics placent la question au cœur des priorités urgentes. Car ce sont des vies qui sont menacées.
Laure Patricia Manevy











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