AccueilSantéHôpitaux gabonais : système sanitaire foireux, paradoxe d'un pays dit riche

Hôpitaux gabonais : système sanitaire foireux, paradoxe d’un pays dit riche

Sommes-nous franchement entrés de plain-pied dans la 5e République ? La question est loin d’être fortuite. Car les dysfonctionnements observés dans tous les secteurs, même ceux qui, pourtant, devaient bénéficier d’une attention toute particulière, nous interrogent quant au plan stratégique de politique sanitaire mis en place dans ce pays.
Le cas des milieux hospitaliers au Gabon est tout un programme de recherche de solutions pour les sortir de ce désastre qui cause du tort aux nombreux usagers.


Les hôpitaux du Gabon, modernes certes, manquent de médicaments et de personnel soignant, pour la plupart concentré à Libreville au détriment des structures hospitalières de l’intérieur du pays qui accusent un déficit de spécialistes.
Libreville à elle seule concentre tout. Les structures de l’intérieur du pays apparaissent comme des centres de soins d’urgence pré-évacuation.


Pour une simple cataracte, vous n’avez pas d’autre choix que de rallier la capitale, faute d’ophtalmologues.
Une incongruité à peine croyable pour un pays dit riche.
Les hôpitaux high-tech manquent de commodités. Pour de simples consommables, les parents du patient sont obligés de mettre la main à la poche, en plus d’ordonnances qui tombent à tout moment et à n’importe quelle heure, tant pis pour les risques sécuritaires encourus lorsqu’ils doivent enjamber des kilomètres à la recherche d’un médicament.


Pour éviter ce supplice aux parents des malades, les hôpitaux auraient dû être équipés de pharmacies en leur sein afin d’épargner ce qui, à leurs yeux, apparaît comme un parcours du combattant. Surtout que pour ceux dont les parents sont hospitalisés, ils doivent veiller à la belle étoile sous la symphonie bruyante des moustiques vecteurs de paludisme.
Des incongruités, il y en a à la pelle.


Des médecins nommés à des postes administratifs alors qu’ils devaient être utiles aux soins. On peine à comprendre le sens d’une telle logique lorsqu’on sait que l’École nationale d’administration forme des administrateurs de santé, donc qualifiés pour gérer les structures sanitaires.


Quant à l’accueil, on note une réelle évolution positive malgré quelques ratés imputables à des personnes de mauvaise foi qui laissent transparaître leurs frustrations existentielles en milieux professionnels.

Geneviève Tillue

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