AccueilSantéCouverture vaccinale au Gabon : des progrès réels, des lacunes qui inquiètent

Couverture vaccinale au Gabon : des progrès réels, des lacunes qui inquiètent

À l’occasion de la Semaine africaine de la vaccination, du 22 au 28 avril 2026, la ministre de la Santé a appelé à une mobilisation nationale. Derrière le thème fédérateur « Pour chaque génération, les vaccins fonctionnent », le constat est sans détour : le pays accuse un retard significatif sur ses propres objectifs.

Le Gabon peut se targuer d’acquis sanitaires notables — exempt de poliomyélite depuis 2017, débarrassé du tétanos néonatal depuis 2013 — mais ces victoires ne masquent plus les fragilités du système. La couverture vaccinale nationale stagne entre 60 % et 75 %, et le taux pour le vaccin Penta 3 n’atteignait que 62 % en 2025, loin de l’objectif de 90 % inscrit au Plan national de développement sanitaire. Chez les enfants de plus d’un an, une baisse de la vaccination est en outre observée, creusant davantage les zones de vulnérabilité.

Les conséquences ne sont plus théoriques. Les autorités sanitaires pointent la résurgence de la diphtérie dans le Woleu-Ntem en 2023, ainsi que des cas récents de rougeole et de fièvre jaune. « Cette fragilité nous expose à des risques épidémiques réels », a averti la ministre, appelant à une réponse collective et structurée.

Un plan d’action sur plusieurs fronts

Pour inverser la tendance, le gouvernement a arrêté une série de mesures prioritaires. L’approche « Atteindre chaque district » sera renforcée afin d’identifier systématiquement les enfants non vaccinés, y compris dans les zones les plus enclavées. La modernisation de la chaîne de froid, via des équipements solaires, et l’amélioration de la gestion des données grâce à des outils numériques — DHIS2 et systèmes d’information géographique — font également partie du dispositif.

Sur le plan médical, le programme prévoit l’introduction de nouveaux vaccins contre le pneumocoque, le rotavirus, le HPV et le paludisme, ainsi que le déploiement d’une deuxième dose contre la rougeole. L’intégration de la vaccination dans les soins de santé primaire et sa continuité au-delà de la première année de vie figurent parmi les autres priorités annoncées.

Un droit, une responsabilité

La ministre a conclu son allocution en réaffirmant le caractère universel de la vaccination. « C’est un droit pour chaque enfant et une responsabilité pour chaque famille », a-t-elle déclaré, invitant les populations à se rendre dans les centres de santé. Les vaccins sont gratuits et disponibles sur l’ensemble du territoire.

Le défi reste désormais celui de la mise en œuvre. La mobilisation annoncée cette semaine se mesurera, à terme, à l’évolution des chiffres de couverture — seul indicateur qui vaille.

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