Au moment où cette radio à vocation panafricaine recevait, il y a quelques années, sa lettre d’extrême-onction de la part de ses dirigeants de l’époque, mus par des ambitions égoïstes, personne ne présageait une fin aussi atroce, voire spectaculaire, qui laissait songeur.
Après la mort constatée, le bâtiment sera « cannibalisé », pillé ; portes et fenêtres en bois massif et en verre, sanitaires arrachés, miroirs des toilettes emportés par des inconnus.
Parmi le butin emporté, on compte des consoles, des matériaux de diffusion, des enregistreurs, et surtout la tête de la grande parabole implantée sur l’esplanade de la radio. Elle pouvait porter sur le segment satellitaire 7 signaux radio et 4 signaux télévision afin d’arroser la planète. Un dispositif qui a coûté à la radio près de 4 milliards de FCFA, financés sur fonds propres, sur fond de surfacturation et de rétro-commissions.
De l’argent issu des 6 milliards qui sommeillaient dans les paradis fiscaux, mais rapatriés après le départ des coopérants français représentant les intérêts français alors majoritaires à plus de 50 % du capital, avant que Paris ne cède ses parts au Gabon à un franc symbolique. Cette parabole numérique, qui remplaçait le centre d’émetteurs de Mouyabi à la technologie analogique, donc obsolète, était censée générer des recettes pour le fonctionnement de la radio.
Les opérateurs ayant opéré la migration vers la technologie numérique plus moderne ont tourné le dos au centre de diffusion de Mouyabi, entraînant ainsi l’érosion de l’essentiel des recettes dont tirait profit la radio africaine.
L’ouverture d’une enquête s’impose afin que les auteurs répondent de leurs indélicatesses.
La question que l’on se pose aujourd’hui, au moment où cette radio renaît de ses cendres, concerne le mécanisme de financement pour le fonctionnement de cette radio. Sera-t-il question de dénicher un autre partenaire stratégique qui reprendra les 52 % des parts de la Libye, ou ce sont les finances publiques de l’État gabonais qui supporteront les dépenses de fonctionnement ?
Un montage financier est attendu pour qu’on en soit édifié quant à la vitalité de cette radio mythique qui a fait la fierté des Africains.
Ghoze Lucifera





Commentaires récents