Ils sont nombreux, ces pantins qui croient bêtement que le Gabon est libéré du joug colonial. On leur fait porter des œillères en les obligeant à ne voir que ce que le maître blanc veut leur montrer.
Le Gabon est, dit-on, indépendant depuis 66 ans. Une lamentable hérésie, une imposture qu’aucun citoyen conscient ne peut gober, à moins de perdre toute lucidité.
Allez-y répéter ça à Kémi Seba et Nathalie Yamb, dignes fils africains qui cernent avec une lucidité déroutante la malice et la perfidie d’une France qui incarne le danger permanent.
L’importante présence des forces complotistes et leurs instruments de contrôle (le FRC indigène), y compris toute la mécanique de captation des richesses du sous-sol, sont autant d’indicateurs qui remettent en cause les acquis souverainistes d’un État dit indépendant.
La France peut-elle imposer à l’Algérie, ancienne colonie, une monnaie hybride sous son contrôle ? Si c’est non, c’est que le Gabon est toujours sous captivité et doit prendre ses éléments de langage chez les colons ayant mis en place une approche sinueuse de prédation à grande échelle.
Le projet de transformation locale des matières premières, tel le manganèse exploité par Eramet et qui transpire dans des discours diplomatiques fumeux, est une rhétorique qu’on nous sert à la moindre rencontre diplomatique au sommet et qui relève d’un enfumage savant.
Ce que les intellectuels progressistes attendent de la France, c’est qu’elle nous lâche les basques, car le sous-développement dans lequel patauge le Gabon est l’œuvre de Paris, qui pille sans vergogne les richesses, aidée dans ses sales besognes par une bourgeoisie compradore.
On parle, avec une ironie nauséeuse, d’aide au développement financée par le Fonds européen de développement (FED) qui, en fait, n’est qu’un processus de maintien des États africains dans une dépendance permanente et une paupérisation chronique, faisant de nous des pays soumis à une assistance systématique.
Comment comprendre que, de tous les pays colonisés par la France, aucun n’a amorcé un véritable développement, hormis ceux qui ont arraché leurs indépendances par la force et au prix du sacrifice ?
Le problème des pays africains, c’est la France avec laquelle il est temps de rompre les amarres si nous voulons opérer un bond qualitatif en termes de développement.
Les pays de l’AES, qui désormais deviennent le fer de lance de la renaissance africaine, doivent inspirer les États restés à la bourre.
La France a violé le consensus. Le temps est venu de la mettre hors d’état de nuire.
L’indépendance du Gabon n’est qu’un leurre enseigné à nos jeunes apprenants.
Pascal Laurent





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