AccueilChronique mondaineLe maquis intellectuel de Timothée Memey

Le maquis intellectuel de Timothée Memey

17 août au Gabon : c’est quoi ce truc dont personne ne comprend le bien-fondé ?

Libreville s’apprête à célébrer un grand moment festif de capitulation qui rappelle tristement le Gabon de l’ère coloniale, où le Blanc régnait en maître sur des nègres colonisés à peine « civilisés » selon le vocable utilisé par les maîtres blancs, et dont le certificat d’humanité ne leur sera accordé qu’après près de deux siècles d’occupation qui se perpétue de nos jours et trouve sa légitimation dans les traités léoniens, au total quatre, passés entre chefs tribaux illettrés et les colons qui avaient un agenda caché dont le contenu demeure un grand mystère pour les Gabonais.

Et si l’accaparement sauvage de nos richesses par la France résulte de cette situation qui lie des dupes à des gens fûtés aux desseins clairement planifiés ?

Fêter la supposée indépendance qui, on le sait, est synthétique, c’est faire insulte à une élite gabonaise consciente.

De quelle indépendance parle-t-on, franchement ?!

Arrêtez de faire passer les Gabonais pour des ploucs. On se gargarise d’une fête postiche qui noie notre souveraineté véritable, confisquée depuis des lustres par le colon blanc dans sa logique du prolongement de sa posture hégémonique à nous imposée.

Je n’ai jamais cru à l’indépendance du Gabon, à moins de perdre toutes mes facultés cognitives et mes réflexes discursifs pour que je me mette dans les rangs.

Les États colonisés ne pourront sortir du carcan colonialiste que lorsqu’ils vont finalement réaliser que nous ne sommes pas sortis de l’auberge.

L’indépendance de quoi ? Du Gabon ? J’en ris à m’en rompre les deux c…

Soyons sérieux. On parle d’indépendance quand on tient les leviers de notre véritable souveraineté. Et pas une souveraineté par une assimilation de connivence.

Le Gabon ne sera indépendant que quand on aura bouté la France, Bolloré, Bouygues et d’autres raclures du même tonneau hors du Gabon, leur vache à lait.

Les Gabonais, le 17 août, vont célébrer une indépendance qui n’en est pas une à mes yeux, que les autorités gabonaises et françaises liées par une proximité coupable viennent me démentir à la face du monde.

C’est un simulacre d’indépendance imaginé par un certain général de Gaulle au soir de ses déboires politiques. La guerre d’Algérie, face à la France et dans laquelle le colon blanc aura pris une cinglante déculottée, a poussé ce général à prendre des mesures d’urgence afin de sortir par la grande porte et la tête haute.

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