AccueilChroniques de MémeyLe maquis intellectuel de Timothée Memey

Le maquis intellectuel de Timothée Memey

Sommes-nous entrés de plein pied dans la 5eme République?

Tous les Gabonais ou presque saluent la transformation à pas de tortue du Gabon où l’ on voit fleurir timidement quelques ouvrages architecturaux modernes qui donnent un nouveau paysage urbain.
Ce qui force l’ admiration même chez les plus sceptiques qui doutaient de la capacité du seigneur Brice Clotaire Oligui Nguema à apporter une touche differente de celle de ses prédécesseurs qui ont laissé le pays au brouillon et qu’il s’évertue à mettre au propre.
Au-delà des segments juridiques et institutionnels revisités par le nouveau régime, j’ attendais de la 5eme République de grands chamboulements tant au niveau social que dans le fonctionnement des institutions. L’ épreuve des faits accable la réalité palpable.
On voit ça et là pousser des structures hospitalières hi-tech. Malgré ces réalisations de dernière génération, aucune évolution. Tout semble figé; pétrifié par un sort fatal, héritage sans doute de l’ ordre ancien.


Je vois déambuler dans les rues de nos villes des malades mentaux livrés à eux-mêmes. Tels des zombies sortis d’outre tombe. À croire des zombies mis en scène par le réalisateur italien Lucio Fulci dans son long métrage  » l’ enfer des zombies » paru en 1979, on les voit arpenter nos rues, traîner dans les caniveaux, manger dans les poubelles, ces êtres qui n’ ont plus rien d’humain. Des êtres transformés en loques sociales que la société a rangés dans les poubelles de l’ oubli. Ils sont désormais transparents. On pose sur eux un regard furtif parce que déshumanisés. Ignorés par la société qui leur a volontairement tourné le dos, car non productifs, donc des quantités résiduelles et jetables. Comme l’ Etat, les parents aussi leur ont fermé leurs portes. Ils deviennent un boulet. On les regarde avec une distance coupable, symbole d’une démission irresponsable.


Comment comprendre que de toutes les neuf provinces que compte le Gabon, une seule, l’ Estuaire, dispose d’un centre de soins psychiatriques? Une incongruité choquante qui questionne dans un pays pourtant tourné vers la modernité tant évoquée dans des discours fumeux à me donner la nausée.


Une question s’impose: où en est-on, au fait, avec la restauration de la dignité des Gabonais ?
Ces femmes et hommes que l’ on a transformés en déchets sociaux, ont des droits. Ils ne restent pas moins des citoyens Gabonais.
Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités. Car la dignité humaine en dépend.
Dans une société où l’ ultra libéralisme nous condamne à la précarité, où le stress du l’ lendemain nous torture au quotidien, personne n’ est à l’ abri de la déprime, des chocs psychiques, des troubles de la personnalité…
Attention demain ce sera peut-être vous et moi! Est-ce qu’on est sérieux? Ce pays est-il sérieux?

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