Les dessous d’ une opération de ratissage dans les sites orifères de la Ngounié
Les pouvoirs publics ne manquent pas d’ arguments pour justifier la traque récurrente des orpailleurs clandestins. On parle d’ Impact environnemental : pollution dûe aux produits toxiques tel le mercure utilisé dans l’ extraction du minerais, déforestation sauvage et activités annexes prohibées comme le braconnage des pachydermes dont les défenses ont une importante valeur marchande sur le marché asiatique…
Un tel argument n’ est que l’ arbre qui cache la forêt. Derrière ce narratif se cache toute une stratégie de recherche de nouvelles niches financière afin d’ élargir l’assiette fiscale. Car les recettes budgétaires ne suffisent plus à financer de vastes projets structurants lancés depuis août 2023, année du coup d’ Etat militaire sous les ordres du seigneur-président Brice Clotaire Oligui Nguema en chair et en fer.
Les chantiers pharaoniques de la 5 ème République, comme on le voit, nécessitent des financements additionnels sur fonds propres, car le Gabon hyper surendetté sur les marchés financiers, ne peut prétendre à une énième levée de fonds. Il faut faire preuve d’imagination; créer d’autres niches avant qu’une sévère tension financière ne mette tout ces projets sur cale faute d’ argent.
La vente des parcelles de terrains aux Gabonais assortie de titres fonciers, la traque par des individus armés des exploitants illégaux de nos minerais ne visent pas autre chose.
Le Gabon veut désormais avoir le total contrôle de ses minerais dont la production aux mains des exploitants illégaux lui échappe. L’ objectif sous-jacent est d’attirer dans le secteur encore en friche de grands investisseurs ayant une surface financière capable de renflouer les caisses du trèsir public.
En marge de toutes ces stratégies visant à trouver de nouveaux financements pour financer le développement, pourquoi ne pas, avec l’ aide des maîtres blancs, rapatrier tous les capitaux volés par les anciens dignitaires et planqués dans des paradis fiscaux offshores, ainsi que la vente des biens immobiliers propriétés de la fripouille qui, sans être inquiétée, navigue d’ un pays à un autre, le cul coincé dans des sièges douillets entre deux jets privés.
Le trésor public a lancé, après plusieurs années de tergiversations, le remboursement de l’ argent des épargnants de Poste S.A détourné par la ruche mafieuse.
Au fait, pendant que j’ y pense, qu’en est-il des 18 000 épargnants floués par B. S. A. R. L. Et où se planque son ignoble promoteur dont on n’ a plus des nouvelles et dont je tais le nom par pudeur et par peur de risque d’ intoxication ? Il doit être actuellement dans une planque sûre du côté de l’ occident. Interpol, la police des polices dont on vante pourtant les prouesses en matière de traque de la vermine en col blanc, s’est semble- t-il essoufflée. À croire que le sulfureux personnage se cache sous un parapluie nucléaire contrôlé sans doute depuis Moscou par Vladimir Poutine qui détient les codes de la valise nucléaire, pour jouir d’ une telle impunité.
L’ Etat doit assumer, il doit faire le ménage, nettoyer la merde de son bras séculier en milieu bancaire, la Cobac qui n’ avait donc aucun regard sur les mouvements de fonds suspects de cette banque, apprend-t-on.
L’ établissement bancaire n’ était donc pas agréé par le gendarme des banques; la structure n’ avait non plus aucune garantie de dépôts. Un argument foireux brandit par l’ état gabonais pour ne pas rembourser les clients floués. Triste échappatoire en somme .
Comment cette structure bancaire qui promettait à ses épargnants des remboursements mensuels de l’ ordre de 10, 20, voire 30% pouvait s’implanter sur le territoire gabonais sans remplir toutes les formalités d’ usage en matière d’ ouverture d’un établissement bancaire aux yeux et à la barbe de la Cobac? Le trésor public est tenu de mettre la main à la poche, un point c’est tout.
Petite piqûre de rappel historique
Pour comprendre le phénomène de l’ exploitation anarchique des minéraux dans la zone aurifère de la Ngounié, il faut remonter le temps, faire une plongée dans l’ Afrique équatoriale française alors sous domination des barbares caucasiens engagés dans une »œuvre hautement civilisatrice » chez les nègres encore au premier stade de l’évolution humaine.
L’ exploitation anarchique de l’or du Gabon ne date donc pas d’ aujourd’hui, elle remonte à plusieures décennies.
Sitôt les maîtres blancs partis, les Africains qui étaient exploités dans les mines sous administration coloniale, ont pris le relais.
L’ or du district d’eteke qui comptait plusieurs mines notamment à Ovala, Massima et Eghamba, des villages environnants, était, sous administration coloniale de l’ Afrique équatoriale française, d’abord exploité par les colons Belges puis français. C’est au milieu des années postes-indépendances que les colons qui ne trouvaient plus leur compte se retirent, abandonnant derrière eux les mines d’ or et de diamant qu’ils exploitaient avec des techniques industrielles rudimentaires appuyées par une main d’ œuvre captive bon marché. Certains étaient enrôlés de force tous payés en monnaie de singe. Une modique pièce de 25 f de la monnaie indigène de l’ Afrique équatoriale française, l’ ancêtre de l’ actuel FCFA.
A cela s’ajoutait une ration hebdomadaire composée de maniocs, boîtes de conserves, poissons salés en provenance de Brazzaville capitale de l’ Afrique équatoriale française(a. A. E. F).
Les colons partis, les employés noirs issus des pays de l’ Afrique équatoriale française vont, avec les moyens artisanaux, poursuivre l’ extraction artisanale des minéraux , cela jusqu’à nos jours.
On peut aisément comprendre pourquoi les mines orifères du Gabon attirent de nombreux Africains qui, à leurs yeux, constituent sans doute les derniers vestiges d’une Afrique pour laquelle leurs ancêtres ont payé un lourd tribut.
L’ Etat Gabonais, on le comprend, ses opérations d’assainissement vise certes un but légitime déjà évoqué plus haut. Mais cela doit se faire dans le respect de la dignité humaine. Exposer des citoyens qui jouissent de la présomption d’innocence sous les projecteurs des caméras, nous rappelle horriblement l’ ordre ancien. Avec l’ avenement de la 5e République, on avait pensé que le nouveau pouvoir qui a fait de »la restauration de la dignité des Gabonais » tout un vaste programme politique, changera de mode opératoire.
Dommage, c’est loin d’être le cas…





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