AccueilCultureDes reliques dans les temples bwiti et dans les cathédrales

Des reliques dans les temples bwiti et dans les cathédrales

Chrétiens et bwitistes gagneraient à fusionner leur foi dans une sorte d’œcuménisme, puisque les deux approches philosophiques ont les mêmes pratiques, les mêmes procédés liturgiques.

La façon dont est disposée une cathédrale rejoint exactement la disposition d’un temple bwiti. Dans les temples bwiti, une partie est réservée à tous, initiés ou non, lors des rites. Au bout de l’espace réservé à la partie folklorique, une nef est réservée aux initiés et non-initiés, hormis des séquences où le rituel – une sorte de présentoir – n’est accessible qu’aux initiés de haut niveau. Il sert d’autel comme dans les églises catholiques, et l’autel est tourné vers l’est, la même configuration que dans les églises. Derrière ce qui sert d’autel dans le temple bwiti, c’est une sorte de déambulatoire accessible aux hauts initiés. Le même déambulatoire que l’on retrouve dans les cathédrales.

Les mêmes symboliques rituelles sont utilisées à la fois chez les bwitistes et chez les chrétiens.

Dans les églises, la cloche et les bougies, comme instruments rituels, se retrouvent également en tant que matériaux liturgiques lors des rituels bwiti. Des instruments que ceux qui font des voyages astraux voient en grandeur nature.

L’invocation des ancêtres pour une intercession avec la divinité, pratiquée par les initiés du bwiti, l’est également chez les chrétiens, qui rendent hommage aux saints, et ce dans le même but.

La cathédrale Notre-Dame de Paris est bâtie sur des reliques. Pour la consécration définitive d’une église, la présence de reliques sous l’autel est requise. Des reliques sont toujours déposées lors de l’implantation et de la consécration d’une cathédrale. Il en va de même pour les temples du bwiti.

Seule particularité chez les chrétiens : l’existence d’un personnage imaginaire appelé Jésus, lequel n’a aucune existence chez les bwitistes. La Vierge Marie, loin d’être la mère de Dieu ainsi que le clame le clergé catholique, incarne une symbolique tout autre chez les adeptes de la confrérie bwiti. Elle est représentée comme une ancêtre dans la lignée des divinités auxquelles ils rendent hommage. Les adeptes la considèrent comme celle par qui le rite bwiti fut révélé à l’humanité.

Pourquoi alors diaboliser les rites africains dès lors que les deux pratiques religieuses puisent leurs racines dans les mêmes référentiels spirituels ?

L’Occident, dans son œuvre hégémonique visant à dominer le monde, a aliéné les croyances africaines présentées comme d’inspiration sataniste. Ce qui est pathétique dans tout ça, ce n’est pas tant l’Occident à blâmer – il joue sa partition dans son élan hégémonique –, ceux qui sont à blâmer, ce sont ces Africains occidentalisés qui ont perdu tout repère culturel et jouent le jeu du maître blanc.

Vous comprendrez pourquoi il n’est pas rare de voir au Vatican, lors des cérémonies strictement privées, un cardinal en pleine séance d’adoration sur un crâne d’un prélat béatifié.

Ghoze Lucifera

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